Voir cette lettre à V Appendice
« Je l'ai vu, après le bruit d'un assassinat dont il avait paru menacé, après une retraite de quelques jours dont le motif n'était pas bien connu, reparaître au théâtre de l'Odéon. On savait qu'il devait y venir, on l'y attendait. Jamais salle de spectacle ne fut aussi remplie. L'intérieur n'avait pas suffi; les escaliers mômes étaient pleins comme le parterre. Il paraît enfin : quel accueil ! Quelles acclamations ! Les spectateurs des loges, du parterre, les hommes, les femmes, tous montent sur les bancs, on ne peut assez les regarder. 11 était jeune, assez beau; il avait l'air calme et serein. M'"'' Tallien était à ses côtés, elle partageait son triomphe. Pour elle aussi tout était effacé, et l'opinion ne savait pas avoir de rigueurs ^ »
Oui, il faut le répéter après le duc Pasquier, l'homme qui a fait ouvrir les prisons à ses semblables opprimés, mérite qu'on lui pardonne beaucoup, quels qu'aient été les mobiles qui l'ont poussé à agir; il mérite aussi de la reconnaissance, quelque fortuit qu'ait été le bien qui découla de son acte.
Les premiers mois qui suivirent le 9 thermidor ne furent pas pour Tallien un temps de désœuvrement et de seuls plaisirs. La vie politique n'était pas calme à la Convention et, tandis que la population, pour se consoler des ruines et des deuils de la Terreur, se jetait à corps perdu dans les plaisirs et les débauches, bien des colères couvaient sous la cendre. Il fallait avant tout museler les comités. Tallien, avec Cambon, fit décréter qu'ils ne seraient plus permanents, mais renouvelés par quart tous les mois. Le comité de salut public, décimé par laguillotine, fut complété; l'homme qui avait osé attaquer en face Saint-Just et Robespierre