Lacretf.lle, Dix années d'épreuccsy p
C'était assez pour qu'elle prît goût au rôle et ne consentît jamais à descendre de son piédestal de convention. C'est pour cela aussi qu'elle ne s'abaissait pas à descendre jusqu'aux plus simples devoirs de son sexe :• elle se dispensait de ses devoirs de mère — il est vrai que ce n'était pas alors la mode d'être bonne mère, mais il faut qu'une femme soit bien mal inspirée pour se priver du bonheur de l'être — avec la môme charmante désinvolture que de ses devoirs d'épouse. N'avait-elle pas laissé à Bordeaux, avec un domestique, son petit garçon âgé de quatre ans, lorsqu'elle vint à Paris pour rejoindre son amant? S'en était-elle inquiétée depuis? Oh ! pas beaucoup. S'en occupaitelle? Pas du tout. Elle ne s'occupait que d'elle, de faire de la dépense, de faire des toilettes et de faire la coquette. Le reste — et Tallien était compris dans ce « reste », elle ne s'en souciait pas plus que de son premier mari.
C'est à la suite de son entretien avec M""® Tallien, dont on vient de lire le compte rendu, que M. de Lacretelle ajoute : « Ne reconnaissez-vous pas, d'après de telles paroles, que c'était là une belle âme que le ciel s'était plu à orner des formes les plus ravissantes? Ce fut un grand tort au public que de la désenchanter sur la gloire et sur la reconnaissance... » Je partageai trop tous ses pressentiments pour pouvoir les combattre. «Pour moi, repris-je, il y a un culte auquel je serai toujours fidèle, c'est celui de Notre-Dame de Bon-Secours. » C'est le nom que nous nous plaisions à lui donner. Son mari entra. Je ne pus lui dire que des paroles glacées et je me hâtai de sortir ^ » .
C'est une chose à remarquer que ce nom de Notre-