‹ La citoyenne TallienChapitre 75 sur 122 · Lettre du diable à la plus grande p de Paris. La · texte numérisé non relu

Lettre du diable à la plus grande p de Paris. La

reconnaissez-vous f — De Goncourt, Société française sous le Directoire.

ne veut pas faire comme tout le monde! Et, devant les sourires moqueurs, elle se contente de se draper dans sa dignité; dans son châle rouge aussi, ce fameux châle qui a coûté une fortune, mais qui lui vaut tant de regards envieux, par conséquent tant de jouissances, et qu'elle sait porter, avec sa grande taille, plus pittoresquement que pas une. Elle n'ignore pas que les femmes jeunes la jalousent, que les vieilles la critiquent, que certains esprits mal faits ne la supportent pas et déblatèrent toute la journée contre elle ; elle en est ravie et aime mieux qu'on dise des horreurs sur elle plutôt que de n'en pas parler du tout.

Et, certes, le public ne se prive pas de jaser : à sa vue, les langues se délient, les caquets se font à perte d'haleine : « Vous ne savez pas, dit l'une, ce n'est pas vrai ce qu'on disait hier. — Quoi donc? — Qu'un échappé de Goblentz avait attaché au dos de la citoyenne Tallien une pancarte avec ces mots : Respect aux propriétés nationales. Ce n'est pas vrai. Les Rapsodies l'ont démenti ce matin. — V-aiment? dit un incroyable. C'est dommaze, le mot est zoli. Mais ze vais vous en di-e un aut-e qui vaut son pesant d'o-. Ze-cga-dais l'aut-e zou- cette me-veilleuse, qui po-tait su- elle toute une moisson de diamants. Ze ne sais pas pou-quoi elle se -etou-ne et me dit : — « Qu'avezvous, monsieur, à me considé-er? — Ze ne vous considé-e pas, madame, z'examine les diamants de la cou-onne. » Ma pa-ole d'honneu- la plus pa-fumée, z'ai été si content de mon mot que ze l'ai po-té tout de suite au di-ecteu- de la Petite Poste qui l'a insé-é le lendemainV — Et sait-on, dit une grosse commère, ce qu'est devenu son premier mari? — Blondinet? —

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