‹ La citoyenne TallienChapitre 88 sur 122 · L'ile de Pantellaria · texte numérisé non relu

L'ile de Pantellaria

3. C'est une erreur : le Directoire, comme on l'a vu, avait cassé sa double élection.

de l'écurie de Madame avait passé à la chambre de Monsieur, il se réfugiait sous la protection d'un général qu'il avait protéine ^ ».

Si Tallien n'oubliait pas sa femme, celle-ci, de son côté, ne pouvait l'oublier plus, absent, qu'elle ne le faisait quand il était à Paris. Elle continua tout simplement à mener la même vie que par le passé. Elle n'était nullement hypocrite, c'est une qualité qu'il faut lui reconnaître, et elle a toujours fait ses fredaines au grand jour, tout naturellement, comme la chose la plus simple du monde. C'est assurément un mérite — faute d'autres — mais qui ne laisse pas que d'avoir quelques inconvénients. En son for intérieur, cependant, Thérésia devait s'applaudir du départ de Tallien. Elle ne trouvait pas que « l'absence est le plus grand des maux », puisqu'il y avait beau temps qu'elle n'aimait plus Tallien, si tant est qu'elle l'ait jamais aimé un instant; et comme certaine grande dame à propos de son amant, elle constatait peutêtre que son mari avait « l'absence délicieuse ». Il ne faut pas lui en faire un crime : combien d'autres femmes qui, comme elle, trouvent que l'absence du mari est ce qu'il y a de meilleur dans le mariage! Elle paraît cependant s'être un peu défendue de ce sentiment, car elle répondit un jour à quelqu'un qui était venu solliciter sa protection : « Que voulez-vous que je fasse maintenant? Je n'ai même pas le droit d'empêcher mon mari de partir^ ». Son crédit, cependant, n'était nullement entamé: son mari seul était déconsidéré, elle non. Le monde est ainsi. Quand une femme a des torts, c'est à son mari qu'on tourne le

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