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d'hui, était pudiquement suspendu un carquois étincelant de pierreries. Une peau de ti^re se drapait moelleusement autour de sa taille olympienne. Une courte tunique cherchait à cacher ses genoux et ses jamhes d'albâtre; quelques anneaux ornaient les doigts de ses beaux pieds nus, que des bandelettes de pourpre tenaient assujettis sur de légères sandales. Auprès de Diane étaient deux nymphes charmantes, non moins fidèles à la mythologie... Je manquai être étouffé à la sortie pour vérifier la déesse de plus près et surtout la voir monter en voiture. Ce fut là le dernier triomphe du costume, au milieu de frénétiques applaudissements... ■* »
Ce fut aussi le dernier triomphe de M"''' Tallien. Lorsqu'on vit bien clairement que le Premier Consul ne voulait recevoir que des femmes sérieuses, la mode devint aussitôt sérieuse : plus d'excentricités dans le costume, plus de fantaisies mythologiques, plus de nudités surtout!... Et M""® Tallien, au lieu de donner le ton, dut cette fois se conformer à la mode.
Comme, au fond, elle valait mieux que ses mœurs^ M"'° Tallien s'en serait consolée si elle avait pu prendre sa part des fêtes qui renaissaient de toutes parts à Paris, comme les fleurs sur une pelouse au retour du printemps! Mais non! Une cruelle consigne l'en écartait, et c'est, triste à en pleurer, qu'il lui fallait entendre les échos des fêtes du gouvernement consulaire.
Il ne semble pas cependant que M""" Tallien se soit blessée du blessant ostracisme qui la frappait. Elle n'en voulut point au Premier Consul de la cruelle humiliation qui la mettait au ban de la société. En son for intérieur, comprenait-elle les motifs qui