‹ La Civilisation au cinquième siècleChapitre 11 sur 25 · LE COMMERCE · texte numérisé non relu

LE COMMERCE

Ce qui me frappe d'abord, c'est la vie qui unit toutes les parties de l'empire, et par elles toutes les parties du monde. Cette vie, c'est le commerce, et le commerce n'a pas d'autre grandeur que de porter ainsi la souveraineté humaine sur toutes les mers et sur toute la terre. Le commerce de Rome devait se tourner vers l'Orient et vers le Nord.

I. — A l'Orient, Rome avait hérité des pensées et des conquêtes d'Alexandre. — Les Grecs pénétraient en Asie par deux grandes voies :

1° Voie de terre. — Colonies grecques du Pont- Euxin et de la Chcrsonèse Taurique, Olbia, Théodosie. De là, et par l'Arménie, on pénétrait dans la Médie, l'Hyrcanie, la Bactriane, où, pendant cent ans, s'était soutenue une dynastie grecque ; puis, traversant les gorges de l'Immaiïs, on arrivait dans la petite Boukharie, vers le quatre-vingt-seizième degré de longitude. Là un caravanserai en pierre. Les Sères y apportaient leurs soies, leurs pelleteries, leur fer. — Comment se faisait la vente (1). — Il

(1) Les Sères apportaient leurs soies, leurs pelleteries, dans des ballots sur lesquels le prix était marqué, puis ils se retiraient. Les acheteurs venaient, examinaient la marchandise, et, si elle leur

fallait aux Sères plusieurs mois pour gagner leur pays, qui était le Thibet oriental et le nord de la Chine. Ces étoffes, si chèrement achetées, étaient remises à des ouvrières qui les effilaient pour les tisser de nouveau, ut matronx publiée transluceant (1).

2° Voie de mer. — La principale est celle d'Alexandrie. Ptolémée Philadelphe avait créé des ports sur la mer Rouge. Sous les Romains, chaque année, cent vingt navires partaient de Myos-Ormos, et s'arrêtaient ordinairement à l'île de Pattala aux bouches de Tlndus. Cependant un petit nombre de navigateurs poussaient jusqu'au port de Palibothra aux bouches du Gange. On côtoyait les rivages et l'île de Ceylan. Ceux qui faisaient le commerce de l'Inclus y portaient chaque année cinquante millions de sesterces. Mais les marchandises qu'ils rapportaient se vendaient cent fois autant. Soieries, cotons, matières colorantes, perles et pierreries, ivoire, fer d'une qualité supérieure, des lions, des léopards, des panthères et des esclaves. Toutes ces richesses abordaient à Pouzzoles.

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