‹ La civilisation au cinquième siècle: Introduction à une histoire de la civilisation aux tempsChapitre 18 sur 29 · DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

DE L'EMPIRE

(YINGHÈME LEÇON)

A sténographie de la leçon suiyante ne s'étant pas retrouvée, et cetto m, qui complète le cours, ne pouvant être supprimée, on s*est décidé iiblier les notes qui ayaient servi à la composer. On les donne telles m les a trouvées, en partie rédigées et en partie à Tétat de sommaire.

^ous savons maintenant comment les idées, qui faisnt l'âme de la civilisation romaine, échappèrent à oiîne de Tempire, traversèrent la barbarie et desidirent jusqu'au moyen âge, dont elles furent tantôt lumière et tantôt le scandale. On a vu par quel pro- ^e de sagesse et de condescendance le christianisme

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sauva de faibles restes du culte ancien, la plus grande partie du droit et toutes les lettres. En même temps, le principe malfaisant du paganisme se perpétuait dans les superstitions populaires et les sciences occultes, dans la politique des princes occupés de reconstituer en leur faveur le pouvoir absolu des Césars, dans la mythologie, dont les fables, toujours goûtées, faisaient circuler le poison des voluptés antiques. Ainsi se continuent les deux traditions du bien et du mal ; ainsi deux chaînes lient les siècles que les historiens séparent vainement; ainsi se fortifie cette loi bienfaisante et terrible de la réversibilité, qui nous fait recueillir les mérites de nos pères et porter le poids de leurs ^ fautes.

Mais, au-dessous des idées qui se disputent le monde, ^ il y a le monde lui-môme tel que le travail Ta fait, ,^^

avec ses richesses et ses ornements visibles, qui le ren-

dent digne d'être le séjour passager des âmes immor- —. — telles. Au-dessous du vrai, du bien, du beau, il y a ^a) Tutile, qui s'éclaire de leur 'reflet. Aucun peuple rie^^^^e conçut plus fortement l'idée de l'utile que le peuples^^^e romain, aucun ne mit sur le monde une main plusî=^ s puissante, plus capable de le transformer, aucun ne^^^ jeta avec plus de profusion, ^ux pieds de l'homme, les-^^-* trésors dé la terre. Il faut connaître de plus près ce que^^ <

j'appellerai la civilisation matérielle de Tempire, sa^ --•

voir si elle périt tout entière par les invasions et cet quiM: M s'en conserva pour les siècles suivants.

L'empire romain. — A la fin du second siècle, avanl#^ ^

que les barbares eussent porté le fer et le feu sur les

frontières, le rhéteur Aristide, célébrant la grandeur

de Rome, s'écriait : « Romains, le monde entier, sous

« votre domination, semble célébrer un jour de fête.,.

« De temps en temps un bruit de bataille nous arrive

« des extrémités de la terre où vous repoussez le Goth,

a le Maure et l'Arabe, Mais bientôt ce bruit se dissipe

« comme un songe. Ce sont d'autres rivalités, d^autres

a combats, que vous excitez par tout l'univers. Combats

« de gloire, rivalités de magnificence entre les pro-

« vinces et les villes. Par vous les gymnases, les aque-

^< ducs, les portiques, les temples, les écoles, se multi-

^< plient, le sol même se ravive et la terre n'est plus

^< qu'un vaste jardin (1). » Le sévère Tertulîien tient le

ïïiênie langage : « En vérité, le monde devient de jour

^^ en jour pl,us ricbe et plus cultivé ; les îles, elles-mê-

^< mes, n'ont plus de solitudes, les écueils plus de ter-

^< reurs pour le nautonier : partout des habitations,

* partout des peuples, partout des lois, partout la vie. »

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