‹ La civilisation au cinquième siècle: Introduction à une histoire de la civilisation aux tempsChapitre 27 sur 29 · CAUMEN DE JOSEPH PATRIARCHA · texte numérisé non relu

CAUMEN DE JOSEPH PATRIARCHA

Joseph Deo amabilis, Patri dulcis et habilis, Puer forinosc indolis.

Et gratîc multiplicis ! . . .

llinc ipsi nova somnia Celi promebant sidéra, Ad futur! indicia, Ipsi quasi supplicia...

Intentus est auspicio Ac si Dei negocio :

Frateriitts livor invido Âdvertit sed boc animo...

Joseph domi residens, Rei priva te providens, Jubclur mox inviserc, Cun^tane gérant prospère...

Ne ; mora : ut conspîciunt « En somniator aiunt :

« Neeem fer te, ut parcat, « An juvarit quod somniat... »

. . . Culpam vitant sceleris, Ne criminentur sanguinis :

Sumpto pondo numismatis, Sic vendunt Agarenicis...

Segardus hoc dictamen feciU

(1) Vatican, ii« 5325, parchemin, à la fin d'un manuscrit de Sallustc <iui semble remonter au XII* siècle.

Sous ce rhylhme barbare, sous ce langage incorrect ^^^^^^ >ù perce déjà ridi orne vulgaire, il faut reconnaître un ^''ques.®''" ?écii plus émouvant pour des chrétiens que l'aventure ^ laïques^ ^^ l'Icare et le désespoir d'OEdipe. Ainsi renseignement îcclésiastique rivalisait avec renseignement laïque; il apposait ses chaires gratuites aux maîtres salariés; la çravité de ses dogmes, la popularité de ses traditions, au culte discrédité des Muses profanes. Cette émulation éclatait en querelles : nous avons entendu les plaintes de Rathier de Vérone contre les trafiquants de science, les invectives dont Pierre Damien poursuit les moines fourvoyés à Fécole des grammairiens. Gumpold, évéque de Mantoue, blâme sévèrement ceux qui, a poussés par « le démon des vers, appliquent à des jeux poétiques, « à des chansons de nourrices, une intelligence née « pour de plus hautes destinées. Car Tamour des fables c< les gagne à ce point, qu'ils ne craignent pas de lais- « ser périr la mémoire des saints; et, s'attachant aux « écrits des gentils, ils rejettent avec mépris tout ce « qui est divin, simple, et souverainement doux pour « les âmes (1). » A leur tour, les laïques n'épargnaient pas le sarcasme aux docteurs en froc. Pendant que le frère prêcheur Jean de Vicence suspendait à sa parole le peuple des cités lombardes, le grammairien Buoncompagno ne craignait pas de le chansonner dans des vers qui firent le scandale de Bologne (2). Mais si les contemporains se scandalisaient de ces rivalités, l'esprit

(1) Gumpoldus, in Vita Vincizlavi duciSy apud Perlz, Montim, IV, 215.

(2) Tiraboschi, Istoria délia litteratura ital. VIH, 15. Voici les vers

humain y trouvait la vie qu'il cherche toujours dans les combats; et c'était de la dispute entre les universités et les moines mendiants qu'allaient sortir, pour la ^ gloire de l'Italie et pour l'instruction du monde, cei^ deux incomparables génies saint Bonaventure et sain -^ Thomas d'Aquin.

V inédi Peut-être ce court aperçu des écoles ecclésiastiques 9k DoSaïus, ^^x temps barbares se Irouverait-il utilement complété ôelïeso\e, par uuc Vie inédite de saint Donatus, évêque de FiesoJe, et l'un de ces aventureux Irlandais qui, poussés hors de leur patrie par l'esprit de Dieu, portés aux sièges épiscopaux par l'admiration des peuples, poursuivaient du même zèle la réforme des mœurs et la restauralion des études.

Un manuscrit de la bibliothèque Laurentienne (Plut, xxvn, cod. 1), où Bandini reconnaît la main d'un copiste du onzième siècle, contient, sous le titre de Vitx Palrunij plusieurs légendes parmi lesquelles on trouve, au feuillet 46 rcno, la vie de saint Dona tus. Elle ne forme pas moins de vingt colonnes petit in-folio; et si je n'y trouve pas assez d'intérêt pour la transcrire entièrement, je ne puis me défendre d'en publier quelques passages qui ont le mérite de montrer en même temps les humbles commencements de l'école de Fiesole, et les fruits de l'enseignement qu'on y donnait.

de Buoncompagno, qui témoignent sans doule d'un goût peu délicat :

Et Johannes joliannizat.

Lt sallando chorcizat.

Modo salta, modo salta, Qui cdomm petis alla.

aUX TfciMPS BARBARES. 401

D'un côté, saint Donatus y parait avec cette passion des lettres qui agitait les monastères d'Irlande; il s'efibrce ie rallumer un foyer de science sacrée et profane dans des lieux encore tout consternés de l'apparition des pirates normands. On le voit exerçant ses disciples à composer en prose et en vers, leur donnant à la fois des leçons et des exemples. D'un autre côté, sa légende, écrite longtemps après lui, rédigée sur des traditions orales (juxta veridica majorum famina), est elle-même une de ces compositions littéraires auxquelles on appliquait les jeunes clercs. Nous y trouvons à peu près ce que savait faire un écolier italien dans des siècles si mauvais. Le début a toute la solennité, toutes les formes oratoires d'un panégyrique composé pour être lu en présence du clergé et peut-être des fidèles.

C< InGIPIT VITà SANGTI don ATI SGOTTl, FESULANI EPISGOPI.

« Glarus et solemnis, karissimi fratres, adest dies ce omni laude extoUendus, omni devotione colendus, in « quo beatissimi patris nostri transitum exultât ordo « angelicus. Et (licet omnium sanctorum sanclissime « solemnitatis, fratres dilectissimi, christianorum ani- « mus debeat fîeri particeps, cum Scriptura dicat : « Pretiosa f^sl in conspectu Domini mors sanctorum ejus, a et alibi : Cum dederit eleetis suis somnum, ecce hèrec< ditas Domini. Sancti enim cum pervenerint ad mora tem, tune invenient hereditatem. Ut enim ad eam a pertingere valerent, studuerunt omnia mundi laben- « tia despicere, universa caduca calcare» omnia mundi

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