‹ La civilisation au cinquième siècle: Introduction à une histoire de la civilisation aux tempsChapitre 5 sur 29 · C. VI · texte numérisé non relu

C. VI

chose que Tamour de la sagesse, Monique, qui aime Dieu depuis bien plus longtemps, est bien plus près de la philosophie, « car, après tout, ma mère, dit-il, ne «xraignez-YOus pas la mort bien moins que beaucoup « de prétendus sages, » et il ajoute qu'il se ferait volontiers son disciple. Aussi, bien loin de l'écarter de ces disputes, il l'engage à y prendre part, et déclare que, si jamais ces livres qu'il écrit tombent entre les mains de quelqu'un, il est sûr que personne ne lui fera de reproche d'avoir donné la parole à sa mère. Lorsqu'il dispute sur le souverain bien, c'est Monique qui ouvre cette opinion que Tâme n'a d'autre aliment naturel que la science, que l'intelligence de la vérité; et il se trouve par là qu'elle rencontre YHortemius de Cicéron. Saint Augustin, ravi de cette circonstance, déclare que sa mère a remporté la palme de la philosophie, que c'est à elle qu'il doit cette passion de la vérité qu'il préfère à toute chose; qu'il lui doit de Ue penser qu'à cette vérité, de ne vouloir connaître <^'elle; de telle sorte qu'il fait remonter toute sa Vocation de penseur à l'inspiration qui lui vient de sa mère (1). C'est, en effet, ce qu'il justifie dans ce passage de ses Confessions, qu'on ne peut trop rappeler, lorsqu'il nous raconte que peu de jours avant la mort de Monique il se trouvait avec elle près d'une fenêtre à Ostie, que là ils s'entretinrent ensemble de la vie future, de Dieu, de l'éternité, e

^ (1) s. Augustin, de Vila Beata, 1. 1, c. viii.

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