XX INTRODUCTION
l'empêcher de maudire son sort ou de succomber à la tâche, elle lui présente l'exemple de l'Homme-Dieu qui a voulu naître pauvre, s'enfermer dans un modeste atelier et appliquer au travail le plus humble la main bénie dont la puissance porte les mondes.
Parfois, pour consoler l'ouvrier des dédains que le monde lui prodigue, elle lui demande son fils, et, au lieu de l'astreindre à un labeur au-dessus de son âge et de ses forces, elle cultive lentement son intelligence et son cœur, puis elle l'élève au rang de ses prêtres, de ses apôtres, de ses pontifes.
Elle se rappelle, d'ailleurs, que le pauvre ne vit pas seulement du pain matériel. Quand vient le jour de fête, le travailleur, obéissant à la voix de Dieu qui l'invite au repos, « secoue la poussière des champs et de l'atelier (1) », revêt ses plus beaux vêtements, et se rend à l'église, où l'enfant du peuple reçoit un enseignement sublime ; en même temps qu'il participe aux mystères les plus augustes de la grandeur et de la sainteté du Très-Haut.
« Je me souviens, dit un contemporain, de ce qui m'arrivait à moi-même dans mon enfance. Le matin, quand je m'éveillais, je sentais si bien que c'était le dimanche ! Dans le bouquet d'arbres, auprès de la fenêtre, l'oiseau chantait mieux; les cloches de l'église sonnaient plus joyeusement ; l'air était rempli d'harmonies et de parfums ; le ciel était
(1) Léon XIII, Lettres sur la Civilisation.