‹ La civilisation chrâetienne (volume 2)Chapitre 15 sur 49 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

ils reportent à leur mère le baiser de Dieu, comme ils ont apporté à Dieu le baiser de leur mère (1). »

L'Eglise travaille sans relâche au perfectionnement individuel de l'homme, mais là ne se borne pas son action civilisatrice. Elle offre une solution, la seule sérieuse et la seule définitive, aux problèmes sociaux qui ont tant de fois déconcerté l'habileté des politiques et déjoué les calculs des économistes. Elle puise dans le dogme de la filiation divine de l'humanité et dans la vertu de charité qui en découle une force qui rapproche et unit tous les membres de la société et de la famille, le maître et l'ouvrier, le riche et le pauvre, l'époux et l'épouse, le père et l'enfant.

La politique est étroite, elle divise; la philanthropie est factice, elle fait des dupes; la charité est divine, elle unit. Tous les mots de fraternité générale, de progrès transcendant, de paix sociale, ne peuvent avoir de signification vraie en dehors de l'Eglise; car elle est seule universelle dans le temps et dans l'espace; seule aussi elle enseigne aux hommes qu'ils sont fils du même Père, héritiers du même royaume, unis par les liens d'une même foi, d'une même espérance et d'un même amour. A elle revient le principal honneur des grandes institutions humanitaires qui couvrent le monde. Elle prêche le patriotisme le plus pur et le plus désintéressé, mais elle défend au chrétien de séparer dans son affection « le Grec et le Ro-

(1) Alphonse Daudet.

Page 1