‹ La civilisation chrâetienne (volume 2)Chapitre 17 sur 49 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

Sur les plages lointaines, dans les forêts du Nouveau Monde et dans les déserts arides de l'Afrique, il y a des millions de malheureux qui ne connaissent pas le Sauveur; cependant l'Eglise a reçu la mission de leur annoncer l'Evangile et de les transformer sous l'action puissante de la grâce; et voici que des légions d'apôtres, s'arrachant à la patrie, traversent les mers et bravent tous les périls pour voler au secours de frères abandonnés. Ce sont, comme on l'a dit, les pionniers de la civilisation. Leurs conquêtes pacifiques sont souvent très pénibles, et les progrès merveilleux qu'ils réalisent demandent parfois des années et des siècles; mais la croix ne se dresse jamais sur un continent sans projeter autour d'elle des flots de lumière. Après des années ou clés siècles de fatigues endurées et de sang répandu, les coutumes barbares disparaissent; l'homme, délivré des liens de l'ignorance, connaît les avantages et les charmes de la société ; il est, selon l'expression du langage chrétien, « élevé » de la barbarie à la civilisation.

Nous n'avons vu jusqu'ici que l'un des côtés saillants de notre sujet : la vertu civilisatrice de Jésus-Christ ennoblissant les classes inférieures et les rapprochant des classes supérieures de la société. Mais la civilisation a pour objet le perfectionnement de l'homme tout entier dans le cercle de la vie actuelle, et elle embrasse non seulement les intérêts matériels, mais encore et surtout les intérêts mo-

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