XXVI INTRODUCTION
les traits de sa physionomie. Il naît dans le dénûment, malgré la noblesse de sa race, et il vit dans la pauvreté ; mais les anges annoncent sa venue, chantent sur son berceau et lui amènent des adorateurs choisis parmi les bergers et les rois ; ils le servent au désert et le soutiennent à l'heure de l'agonie. Longtemps il passe pour le fils d'un modeste artisan, et on demande à quelle source il a puisé son savoir, lui simple Galiléen ; mais la sagesse éternelle qui brille sur son front et les maximes profondes qui tombent de ses lèvres ravissent les foules accourues pour l'entendre ; les docteurs de la synagogue eux-mêmes en sont dans l'admiration. Il n'a pas étudié les lettres, mais il a « tout appris de Dieu son Père (1). » Sa puissance ne se manifeste pas avec moins d'éclat que sa sagesse. D'un mot il apaise les tempêtes, d'un geste il met en fuite les profanateurs du temple ; une vertu mystérieuse s'échappe de sa personne et guérit les malades; il multiplie les éléments ou les transforme à son gré. Il est chargé du poids de nos iniquités ; mais une sainteté sans ombre se manifeste et dans la limpidité de son regard, et dans la gravité de son maintien, et dans le calme de son visage, et dans la perfection de ses actes. Il reçoit le baiser du traître et se livre sans résistance à ses ennemis ; mais auparavant, un mot de sa bouche a renversé par terre les soldats venus pour l'enchaîner. Des bourreaux inhumains le traitent comme un
(1) Et ego quae audivi ab eo, hsec loquor in mundoi » Joàn;, vin, 26»