INTRODUCTION XXVII
lierai el l'attachent à un gibet; mais les rochers se fendent et la lumière du soleil s'obscurcit; lui-même meurt quand il lui plaît et ressuscite quand il veut; il est chez lui dans l'univers devenu sa conquête, et il agit en souverain maître de la vie et de la mort ; il apparaît à ses disciples et monte aux cieux à l'heure fixée dans les conseils divins.
Tel est l'Homme-Dieu, le fondateur de l'Eglise et le régénérateur de la société humaine.
La Vierge Marie, Mère du Verbe, est digne d'un tel Fils, autant que peut l'être une créature : « Elle efface par sa beauté, dit un orateur contemporain, toutes les beautés de la nature créée. Jamais aucune souillure n'a flétri ni son corps, ni son âme sainte. Elle est pure, de la plus grande pureté qui se puisse concevoir après celle de Dieu. Préparée par une grâce sans exemple, elle unit en sa personne deux honneurs inconciliables : la virginité et la maternité. Contrairement à la loi, l'honneur maternel ne détruit point en elle l'intégrité virginale, et l'intégrité virginale rehausse l'honneur maternel d'un éclat que lui refuse la nature. Elle est mère d'autant plus admirable qu'elle est vierge, et vierge d'autant plus étonnante qu'elle est mère. Comment rendre cette merveille? Une vierge qui contemple son fils, une vierge qui sourit à son fils, une vierge qui presse son fils sur son cœur : la fleur chargée de son fruit sans rien perdre de ses charmes ! Marie est le plus parfait modèle de la candeur, de l'innocence, de la