‹ La civilisation chrâetienne (volume 2)Chapitre 2 sur 49 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

l'Eglise au nom du progrès. Non contents de méconnaître les services que la société religieuse a rendus à l'humanité, ils se sont obstinés à voir dans le catholicisme la condamnation de toutes les inventions, de toutes les découvertes dont se glorifie l'esprit moderne. Ainsi fait l'enfant qui insulte sa mère après l'avoir reniée.

Nous assistons, il est vrai, depuis quelques années, à un retour de l'opinion vers les vieilles institutions catholiques; mais que de préjugés à déraciner encore ! que de malentendus à dissiper !

' Au moment où l'Eglise prend résolument la direction du mouvement social pour l'orienter dans le sens du vrai progrès, il nous a paru utile de rappeler quels sont ses titres à la confiance des peuples et ce qu'elle a fait dans le passé pour la mériter.

Notre travail est un simple commentaire des belles paroles de Joseph de Maistre. Nous voudrions mettre en relief, clans une synthèse générale, tout ce qui concerne les origines, les phases, l'excellence de la civilisation chrétienne.

Présenter les principaux bienfaits de l'Eglise en un exposé rapide, assez méthodique et assez lumineux pour convaincre les âmes de bonne volonté, même les plus simples, et, en même temps, assez nourri de faits pour intéresser et instruire les lettrés qui n'ont étudié qu'impar faitement le rôle civilisateur du christianisme, telle serait notre ambition.

IXTROIHCTION IX

Le sujet est immense. Nous ne prétendons point le traiter à tond sous ses divers aspects : ce serait une tâche évidemment au-dessus de nos forces; tout au plus pourrons-nous, sans témérité, en effleurer les sommets.

En effet, la civilisation chrétienne n'a pas de limites dans l'espace : elle ne s'arrête ni aux confins d'une province, ni aux frontières d'un empire, elle n'est pas exclusivement d'un pays ou d'une époque, d'une caste ou d'une race ; elle s'adapte à tous les pays et à tous les peuples; de plus, elle embrasse les sciences, les lettres, les arts, la morale, l'économie politique, tout ce qui élève l'homme vivant en société et le conduit efficacement à sa fin dernière, sans le soustraire au soin de sa destinée présente.

Les civilisations étrangères au christianisme peuvent se définir : le degré de culture spéciale qu'une société, d'un tempérament et d'une physionomie à part, peut atteindre sur un point déterminé du globe. Elles naissent sous l'influence de causes diverses et subissent, dans leur évolution, des alternatives de progrès et de décadence. Elles n'échappent point aux lois de la Providence divine dont l'action puissante et infaillible abaisse ou élève, à son gré, les différents peuples ; elles ne procurent point à l'homme tous les biens qu'il est en droit d'attendre de la société. Telles nous apparaissent dans l'histoire les civilisations de l'Egypte et de l'Assyrie, de la Perse, de l'Inde et de la Chine, de la Grèce et de Rome.

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