XXX * INTRODUCTION
quence et dans la poésie; dans la peinture, la sculpture, l'architecture aussi bien que dans la musique ; partout c'est un heureux mélange de réalisme et d'idéalisme, en parfaite harmonie avec l'homme qui a besoin de voir et de croire, d'aimer et d'adorer, de s'abaisser et de s'élever, de vivre à la fois sur la terre et dans les cieux. Empruntons un exemple à l'histoire de l'éloquence. Les maîtres de la parole, les Chrysostome, les Ambroise, les Bernard, les Bossuet ont produit des effets oratoires profonds et durables en exposant dans un langage noble et simple les multiples aspects de nos mystères. L'admirable « enfant appelé par Isaïe le Dieu fort, le Père du siècle futur, et l'Auteur de la paix, naît d'une vierge à Bethléem (1) » ; il a pour berceau une crèche et pour vêtement de pauvres langes. N'est-ce pas le comble de la grandeur et de la bassesse, de l'amour et de l'humilité? « Aussitôt qu'il fut à la croix, dit Bossuet, le voile qui couvrait le sanctuaire fut déchiré de haut en bas, et le ciel fut ouvert aux âmes saintes. C'est au sortir de la croix et des horreurs de son supplice qu'il parut à ses Apôtres glorieux et vainqueur de la mort, afin qu'ils comprissent que c'est par la croix qu'il devait entrer dans sa gloire, et qu'il ne montrait pas d'autre voie à ses enfants. Ainsi fut donnée au monde, en la personne de Jésus-Christ, l'image d'une vertu accomplie, qui n'a rien et
(1) Isaïe, ix, 6. — S. Matth., i, 21. — Bossuet, Discours sur V Histoire universelle, p. II, ch. xix.