‹ La civilisation chrâetienne (volume 2)Chapitre 24 sur 49 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

n'attend rien de la terre ; que les hommes ne recompensent que par de continuelles persécutions, qui no cesse de leur faire du bien, et à qui ses propres bienfaits attirent le dernier supplice. Jésus-Christ meurt sans trouver, ni reconnaissance dans ceux qu'il oblige, ni fidélité dans ses amis, ni équité dans ses juges. Son innocence, quoique reconnue, ne le sauve pas ; son Père même, en qui seul il avait mis son espérance, retire toutes les marques de sa protection ; le juste est livré à ses ennemis, et il meurt abandonné de Dieu et des hommes. Mais il fallait faire voir à l'homme de bien que, dans les plus grandes extrémités, il n'a besoin ni d'aucune consolation humaine, ni même d'aucune marque sensible du secours divin : qu'il aime seulement et qu'il se confie, assuré que Dieu pense à lui sans lui en donner aucune marque, et qu'une éternelle félicité lui est réservée (1). »

L'artiste, surtout s'il se nomme Giotto, le Pérugin, Fra Angelico, trouve dans ces oppositions et ces contrastes des effets d'une puissance et d'une grâce incomparables. Marie toujours « pleine de grâces » prodigue à PHomme-Dieu les soins délicats d'une mère : elle le porte dans ses bras, le nourrit de son lait et dirige ses pas chancelants ; mais elle lui rend les hommages d'une humble servante : elle se tient devant lui dans l'attitude du respect, elle l'adore et le prie. Dans le Christ et dans la Vierge, la douleur elle-même a

(l) Discours sïtr F Histoire universelle, p. II, ch. xix.

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