XXXIV INTRODUCTION
péen qui survit à toutes les ruines, malgré les germes de division semés par l'hérésie. Or, c'est à cet esprit que nous devons « le besoin d'opposer l'âme à la matière aveugle, le mouvement et la vie à une immobilité de glace, la lumière aux ténèbres, la civilisation à la barbarie, la loi au bon plaisir d'un despote insensé (1). »
La sainteté chrétienne est basée sur l'humilité et le renoncement; elle se consomme dans l'amour du dévouement et du sacrifice. Elle est, par là même, essentiellement opposée à l'égoïsme ; sa nature est de donner de son trop-plein et de s'épancher en œuvres de miséricorde sur tous ceux qui souffrent ou sont délaissés.
La sainteté n'est point le privilège d'une caste ; tous y sont appelés. Le souverain exposé à toutes les séductions et le pauvre qui mendie son pain, le pontife placé au sommet de la hiérarchie et la vierge modeste gardant son troupeau, le riche comblé des biens de la terre et le travailleur qui supporte le « poids du jour et de la chaleur », doivent tendre à la perfection suprême dont Jésus-Christ leur offre le modèle. Et le nombre de ceux qui ont l'honneur d'y atteindre ne peut se calculer. Les civilisations profanes enregistrent avec orgueil les noms de leurs grands hommes ; la civilisation chrétienne ne peut compter ses saints. Et tous sont des héros. Qui pourrait lire sans admiration la vie de nos apôtres, de nos martyrs, de nos
(1) Fallmerayer, Œuvres complètes, t. II, p. 202, etc.