INTRODUCTION XXXV
pontifes, de nos confesseurs, de nos vierges, do ces légions (rames d'élite que nous plaçons sur les autels et honorons d'un culte presque divin?
L'Eglise poursuit avant tout les biens de l'ordre moral; mais, nous Pavons vu déjà, elle ne néglige pas les intérêts de la vie temporelle. 11 suffît, pour s'en convaincre, de lire cette belle page que Léon XIII écrivait aux habitants de Pérouse, à la veille de son élévation sur la chaire pontificale : « Dans l'Eglise, à côté du zèle pour la gloire de Dieu, s'allume un autre amour non moins ardent : c'est l'amour de l'homme, l'ardent désir qu'il soit rétabli dans tous les droits que lui donne son Créateur. Or, l'homme a reçu de Dieu pour son héritage dans le temps cette terre où il vit, et dont il a été constitué le seigneur. La parole qui retentit au matin de la création : « Soumettez-vous la terre et dominez (1) », n'a jamais été révoquée. En persistant dans l'état d'innocence et de grâce, l'homme eût exercé son domaine sans effort, la soumission des créatures eût été spontanée, tandis qu'aujourd'hui le domaine est laborieux et les créatures ne subissent le joug qu'en sentant le frein de leur maître. Mais, au fond, le domaine subsiste, et l'Eglise, qui est une mère, ne peut rien avoir de plus cher que de le voir mis en acte, que de voir l'homme se montrer ce qu'il est en réalité, le seigneur de la création* Or, ce droit
(1) Genèse, i, 28.