XII INTRODUCTION
soires et ressemblent aux ornements de luxe, aux vêtements somptueux. La civilisation chrétienne a son génie propre, ses traits distinctifs. Elle ne vit pas des autres civilisations. C'est elle qui les vivifie.
Ce génie, d'une si puissante originalité, n'est autre que le génie de l'Homme-Dieu envisagé dans son caractère et son action.
Jésus-Christ n'a pas seulement contribué par son enseignement et par ses exemples au progrès moral de l'humanité ; il a réellement fondé une civilisation nouvelle, une civilisation semblable à lui, tenant à la fois de Dieu et de l'homme, du ciel et de la terre.
Il nous ordonne de chercher « avant tout », mais non exclusivement , le royaume des cieux ; en donnant son « Père » comme type suprême de la perfection, il se propose lui-même pour modèle. S'il veut que l'âme tende par la foi, l'espérance et la charité à la vision intuitive de l'essence divine, à la possession immédiate du bien absolu et à la jouissance sans mélange de l'éternelle béatitude, il prend notre nature et l'élève jusqu'à lui, il devient notre guide; il nous invite à faire avec lui le voyage de l'exil à la patrie, et prend sur ses épaules les plus lourdes de nos croix. Il règle nos désirs et établit l'ordre dans nos aspirations ; mais les admirateurs aveugles du progrès matériel font preuve d'ignorance, quand ils l'accusent d'insinuer dans les cœurs « une mystique horreur des choses d'ici-