INTRODUCTION XIII
bas (1) ». ei de prescrire à son Eglise un souverain mépris pour les biens, même les plus légitimes, de la vie présente.
Le Sauveur professe un amour de prédilection pour la partie la plus faible et la plus délaissée de l'humanité; il lui accorde los prémices de son apostolat, et se condamne, par amour pour elle, à la pauvreté et au travail; il instruit les mendiants, guérit les infirmes, console et relève les pécheurs, attire les enfants qu'il caresse et bénit. Sa doctrine répand sur l'aurore de l'existence humaine des clartés si célestes que, de nos jours encore, l'incrédule en est ravi et se demande si l'enfant élevé par une mère vert lieuse, au sein de la société chrétienne, n'est pas déjà supérieur au savant qui a pâli sur ses livres.
Citons un exemple : il est emprunté à des pages émues dans lesquelles un contemporain, M. Legouvé, a consigné d'éloquents aveux. « Le jour de la naissance de sa fille, Lrttré dit à la mère : « Ma chère amie, tu es une catholique fervente et pratiquante. Elève ta fille dans les habitudes de piété qui sont les tiennes. Seulement j'y mets une condition. Le jour où elle aura quinze ans, tu me l'amèneras, je lui exposerai mes idées, et elle choisira. » La mère accepte, les années s'écoulent. Un matin elle entre dans le cabinet de son mari : « Tu te rappelles ce que tu m'as demandé et ce que je t'ai promis. Je viens tenir ma promesse. Ta fille est
(1) L'Eglise et la Civilisation, Lettres du cardinal Pecci, aujourd'hui Léon XIII, 1877-1878.