‹ La civilisation chrâetienne (volume 2)Chapitre 7 sur 49 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

là, prête à t'entendre avec tout le respect et toute la confiance que lui inspire un père adoré et vénéré. Veux-tu qu'elle entre?

— Oh ! certes, oui ! Mais pourquoi ? Pour que je lui expose mes idées ? Non ! non ! mille fois non ! Quoi ! tu as fait de notre enfant une créature bonne, tendre, simple, droite, éclairée et heureuse ! Heureuse !... Ce mot qui, chez un être pur, résume toutes les vertus !... Et tu crois que je vais jeter mes idées au travers de ce bonheur et de cette pureté !... Mes idées !... mes idées !... Elles sont bonnes pour moi. Qui me dit qu'elles seraient bonnes pour elle? Qui me dit que je ne risquerais pas de détruire ou d'ébranler ton œuvre ? Oh ! oui, que notre fille entre, chère femme ! pour que je te bénisse devant elle de tout ce que tu as fait pour elle, et qu'elle t'aime encore un peu plus qu'auparavant ! »

« Moi aussi, ajoute le narrateur, j'ai eu et j'ai encore autour de moi des âmes croyantes; et, comme Littré, je me tiendrais pour criminel si jamais je troublais par mes doutes, si j'offensais par mes railleries, si j'ébranlais par mes objections, des convictions religieuses d'où ces êtres si aimés n'ont jamais tiré que des joies, des consolations et des vertus. >

Il y a deux infortunés qui sont au ban des civilisations païennes : le criminel et l'esclave. Seule, la civilisation chrétienne leur tend les bras ; seule, elle possède la vertu

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