‹ La civilisation chrâetienne (volume 2)Chapitre 9 sur 49 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

L'Eglise, héritière de la miséricorde et de la puissance de l'Honmie-Dieu, entreprend de consoler ces malheureux, et souvent elle y réussit. A la place du bourreau, ou du moins avant lui, le prêtre est député vers le cachot, et il apporte des paroles de pardon, au lieu d'une sentence de mort ; il s'approche du coupable et lui parle un langage d'une tendresse infinie : Mon fils, ayez confiance ; levez vos regards vers le ciel, votre patrie ; ouvrez votre cœur à l'espérance et au repentir ; je puis, en vertu des pouvoirs divins qui me sont confiés, effacer toutes les souillures de votre âme et vous rendre l'innocence perdue. Je suis le ministre, le représentant du Sauveur très bon et très miséricordieux qui dit un jour au larron pénitent : « Aujourd'hui même, vous serez avec moi en paradis (1). »

Le prêtre passe du cachot dans le palais, et là, il rappelle au riche la touchante exhortation que saint Paul adressait à Philémon, en faveur d'Onésime.

L'histoire de la civilisation chrétienne n'a pas d'épisode plus émouvant. Onésime, esclave rebelle, a secoué le joug et pris la fuite, s'exposant à toutes les rigueurs de la législation. Saint Paul, captif à Rome, le reçoit avec tendresse comme une brebis errante et le convertit à la foi chrétienne. Onésime, devenu docile depuis son baptême, consent à retourner dans la maison de son maître; mais, au lieu d'y

(1) S. Luc, xxm, 43.

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