‹ La civilisation chrâetienneChapitre 6 sur 28 · Cathédrale de Strasbourg · texte numérisé non relu

Cathédrale de Strasbourg

-sur les vases, les objets en cuir et en toutes sortes de matières, •les étoffes, etc., pour acquérir la certitude que la gravure n'était pas un art nouveau. La gravure existait en relief et en creux ■dans l'antiquité, chez les Romains et en Espagne. Les armures -recevaient des gravures et des nielles ; Torfèvrerie était devenue un art très avancé, même chez les Wisigoths. Depuis le x*" siècle jusqu'au xiv% les empreintes des sceaux attestent encore que la •gravure sur bois et au burin se réduit à des applications ingénieuses et à l'impression sur papier dont les effets d'ailleurs ont été merveilleux. Il est évident qu'une matière nouvelle employée, que des procédés industriels perfectionnés, que la destination ■particulière de l'oeuvre modifient le travail de l'artiste et lui •suggèrent des inspirations subites qui, lorsqu'elles réussissent, deviennent à leur tour le point de départ de nouveaux perfectionnements. La marche de ces perfectionnements n'est pas si rapide qu'on le suppose, surtout lorsqu'on compare entre elles Iles gravures de Lucas de Leyde, d'Albert Durer, de Marc- Antoine, •de Martin de Vos, d'Isaac Sadler, d'Otto Venius, de Nanteuil, •d'Audran, d'Edehnk, de Drevet, de Cochin. Je suis obhgé de 'reconnaître même que Lucas de Leyde, Diirer, Sadler et Martin •de Vos ont montré dans leurs compositions originales une grande supériorité comme artistes sur les graveurs plus récents dont le talent était plus spécial et s'employait à la reproduction des compositions d'autres artistes, par exemple des tableaux de Lebrun ou des portraits de Rigault (1). »

A la gravure sur bois et à la gravure sur cuivre ou en taille douce, se sont ajoutés des procédés nombreux, surtout depuis l'invention de la photographie. C'est une véritable invasion. La

/l) Félix Clément, Histoire abrégée des Beaux-Arts : de l'Idéal chrétien.

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gravure à l'eau-forte, terminée au burin, donne, en général les meilleurs résultats. Piranesi, Callot, de Rochebrune, Le Bas, et, de nos jours, Gaillard se sont illustrés en ce genre de travail, et nous ont légué des œuvres de premier ordre. Grâce au talent vigoureux et souple de Gaillard, nous possédons les portraits des principales célébrités catholiques de notre temps.

Cet artiste éminent, pieux comme un cénobite, a fondé une école qui perpétuera, nous Tespérons, les grandes traditions de l'art chrétien. Pendant qu'il faisait, à Rome, le portrait de Léon XIII, le Pape lui dit : « Gaillard, m'aimez- vous? » Il répondit avec ses larmes : « Très Saint Père, vous savez que je vous aime. » Le Pontife aurait pu ajouter : « Soyez l'un des chefs de la génération nouvelle qui doit arracher les arts à l'abjection du paganisme. »

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