‹ La civilisation en Italie au temps de la RenaissanceChapitre 125 sur 153 · CHAPITRE II. — LA RELIGION DANS LA VIE JOURNALIÈRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LA RELIGION DANS LA VIE JOURNALIÈRE

extorqué à des innocents jusqu'à deux ou trois ducats en les menaçant de la dénonciation, puis ils s'étaient dénoncés les uns les autres, ce qui fit qu'on les jeta euxmêmes en prison. Mais comme on n'avait payé que pour ne pas avoir maille à partir avec Zampante, il est probable que personne n'osa tenir compte de son invitation. — En 1500, après la chute de Ludovic le More, lorsqu'un vit de nouveau se manifester les mêmes sentiments, Hercule décréta de son propre chef 1 une série de neuf processions, auxquelles assistèrent plus de quatre mille enfants vêtus de blanc, qui portaient la bannière de Jésus ; lui-même y figura à cheval, parce qu'il marchait difficilement. Ensuite parut un édit semblable en tout point à celui de 1496. On sait combien ce gouvernement fit bâtir de couvents et d'églises-, Hercule alla jusqu'à faire venir une sainte en chair et en os, la sœur Colomba », peu de temps avant d'être obligé de marier son fils Alphonse avec Lucrèce Borgia (1502). Un courrier de cabinet 3 alla chercher la sainte à Viterbe avec quinze autres nonnes, et, à leur arrivée à Ferrare, le duc en personne les conduisit au couvent qu'on avait disposé pour les recevoir. Avons-nous tort d'attribuer cette piété exagérée à de hautes raisons politiques? L'idée que la maison d'Esté se faisait du souverain pouvoir (voir t. I, p. 59 ss.) comportait naturellement cette exploitation du sentiment religieux.

1 Per buono rispetlo a lui noto e perché sempre è buono a ttar bene con Iddio, dit le chroniqueur. Puis, après avoir relaté l'arrêté, il ajoute avec résignation : La cagione perché sia fatto et si habbia a /are non i'intende; basta che ogni bene è bene.

* Probablement celle dont il est question t. I, p. 36. — Dans la chronique on dit qu'elle fut cherchée à Viterbe.

* La source l'appelle Un mmo de' cancellieri del Duca. Pour le public, la chose devait émaner de la cour, et non des supérieurs d'Ordres religieux ou d'autres autorités ecclésiastiques.

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