CHAPITRE VI
Enfin, pour comprendre la société à l'époque de la Renaissance dans ce qu'elle a d'élevé, il est essentiel de savoir que la femme était considérée à l'égal de l'homme Il ne faut pas se laisser dérouter par les recherches subtiles et souvent méchantes auxquelles on s'est livré sur la prétendue infériorité du beau sexe, par celles qu'on rencontre, par exemple, chez les auteurs de dialogues'; il ne faut pas non plus prendre à la lettre une satire
1 Biographies de femmet; voir plus haut, 1. 1, p. 186, 362 et363 Comp. le remarquable travail d'Attilio Hortis, Le donne famose descritie da Giovanni Boccacei. Trieste, 1877.
s Par ex. dans Castiguone, II Cortigiano. — 11 convient de rappeler ici des écrits analogues, comme celui de Francesco Barbaro : De re uxoria. celui du i ogge An seni sit uxor ducenda, écrits dans lesquels on dit beaucoup de mal des femmes ; les moqueries de Codro Urceo, suriout son remarquable discours : An uxor sit ducenda, Opéra, 1506, fol. XV1II-XXI, et les mots piquants dune foule d'auteurs d'épigrammes qui écrivaient en latin. Marcellus Palingenius (t i. p. 304 ss ) ne cesse de vanter le célibat : aux gens mariés il recommande ce moyen de ramener les femmes à l'obéissance :
Tu vei bera misce Tergaque tune duro resonent pulsata bacille
Écrits italiens en faveur des femmes : Benedetto da Cesenà, De honore mulierum. Venise, 1500; DARDANO, La difesa délia donna. Venise, 1554; Per donne Romane, éd. Manfredi, Bol., 1575. — Le même thème (attaques contre les femmes ou défense des femmes, avec citation des femmes célèbres en bien ou en mal jusqu'à leur époque) a été aussi traité par les Juifs en Italie, soit en hébreu, soit eu italien ; ces ouvrages font partie dune littérature judaïque qui commence avec le treizième siècle. Citons Abr. sarteano et Eliah Gennazzano, qui défend le premier contre les attaques d'Abigdor.