I.A CIVILISATION
d'une philanthropie philosophique, cest Tœuvre de la charité chrétienne, c'est le devoir du Souverain senti dans ce qu'il a de plus sublime, que ces Augustes Mères de la nation remplissent avec ferveur , aidées des Princesses du sang et d'autres femmes placées au sommet de l'échelle sociale.
Mais que les faits parlent d'eux-mêmes. La lettre suivante, écrite par l'Impératrice actuelle à l'occasion d'une sortie des jeunes Demoiselles de l'Institut, est la preuve la plus touchante , la plus parlante , de la manière dont la Souveraine comprend sa mission et l'accomplit :
« J'avais e$p«ré vous voir avant votre sortie , Mes « chères enfants, mais Ma santé y met obstacle, et Je dois « Me ménager , éviter fatigue et émotion. Votre chant ; « tout harmonieux qu'il est, M'épuiserait. L'idée de vous « voir pour la dernière fois Me toucherait. J'ai donc dû « y renoncer, ce qui est pour Moi une véritable douleur ; « mais pour que Mes bénédictions maternelles ne vous man- « quent pas. J'ai du moins arrêté de vous les envoyer par « écrit. Adieu donc, Mes chères enfants. Je prie Dieu « de vous guider sur votre nouvelle route. Le germe de « toutes les vertus a été placé daûs vos cœurs; c'est à vous « maintenant de le cultiver, de le développer, de prouver « par votre conduite que vous n'oubliez pas les principes « que vous avez reçus dans votre enfance ; que le souvenir « de votre jeunesse à la communauté vous serve d'égide
« contre les adversités et les sédactions qui vous attendent t peut-être dans le monde , à vous inconnu. Puissiez-vous « être citées dans les positions si différentes dans lesquelles « chacune de vous se trouvera, non pour votre esprit, non « pour vos talents, mais pour votre modestie, pour votre (( réserve , pour vos vertus de femme. Ne cherchez pas à « briller, mais à remplir scrupuleusement vos devoirs. Alors « vous vous sentirez bénies de Dieu. Adieu, adieu. Mes « prières vous suivent.
« Saint-Pétersbourg, 3 mars 1836.