CHAPITRE IV, — MISSIONS D'AMÉRIQUE
Ya AMÉRIQUE venait de s'ouvrir aux entre- YPAA prises de l'esprit d'aventure dans le temps DES même où saint Ignace et ses compagnons se a grande œuvre des missions étrangères. Il était impossible que cette terre nouvellement révélée au génie européen ne devint pour les Jésuites un vaste théâtre d'efforts apostoliques. Aussi les vit-on s’y rendre encolonies nombreuses, et se répandre sur toute l'étendue de ces immenses régions. Ce qu'ils endurèrent de souffrances, ce qu'ils entreprirent d’utile et de généreux pour adoucir les mœurs de la conquête, pour tempérer l’orgueil d’une domination farouche, pour arracher les hordes sauvages à leurs superstitions et à leur barbarie, ne saurait se décrire. Je donnerai des chiffres.
Sans compter les noviciats et les collèges, il y avait en Amérique, lors de la suppression, cent vingt-huit missions, dont trente-cinq pour le Brésil, trente pour le Maragnon, dix pour le Chili, trois pour la Nouvelle-Grenade, dix pour le Mexique, y compris la Californie, Guatemala, etc.; douze pour le Paraguay, l'Uruguay, la province de Ov. ; huit missions françaises dans l'Amérique septentrionale, chez les Hurons, les Alvonkins, les Illinois, à la Nouvelle-Orléans,
tc.; huit missions françaises dans l'Amérique méridionale, à la Guadeloupe, à Cayenne, etc. Le champ était assez vaste; il offrait tous les dangers, toutes les variations de l’état civilisé et de l'état sauvage.
Combien de fois le missionnaire ne rencontra-t-il pas les restes sanglants de son compagnon d’aposto-
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