‹ La civilisation et les jésuitesChapitre 15 sur 31 · Americane Biography · texte numérisé non relu

Americane Biography

Champlain, le fondateur de Québec, disait aux Hurons, au moment où ils emmenaient avec eux des missionnaires dans leur pays :

( Ils veulent aller dans votre pays, en témoignage de l’affection que nous vous portons, et vivre au milieu de vous. Ce sont nos pères. Nous les aimons plus que nos enfants, et plus que nousmêmes. Ils jouissent d’une grande considération en France.Ce n’est -point la faim ni la disette qui les amènent ici. Ils ne cherchent pas vos biens et vos pelleteries. Si vous aimez les Français comme vous dites, aimez ces pères, honorez-les. Ils vous enseigneront le chemin du ciel. C’est pour cela qu’ils ont quitté leur pays, leur famille, leurs biens {1). »

En 1647,le 2 octobre, le chevalier de Montmagny, gouverneur du Canada, écrivait à Rome au général de la Compagnie, pour le remercier des services que les pères de la Compagnie rendaient à la colonie, et en particulier le père Jérôme Lallemant, alors supérieur de la mission.

Le révérend William Ingraham Kip (*), ministre protestant, dit :

€ Non, les fils de Loyola ne voulurent jamais se retirer. Leur vie m'était qu’une longue suite de dévouement admirable et d’héroïques sacrifices. Tout en pleurant leurs frères morts, ils s’empressaient de venir occuper leurs places, et s’il le fallait, partager leur sort...Si la chair frémissait et tremblait, l'esprit ne défaillait pas. Chacun sentait qu’il était baptisé pour la mort, et que son sang versé à flots dans les grandes forêts de l'Ouest, ferait croître plus de fruits de salut que toute une vie d’efforts et de travail.

» bo et non redibo : telles furent les paroles prophétiques du père Jogues quand il partit pour son dernier voyage chez les Mohicans. »

Page 1