‹ La civilisation et les jésuitesChapitre 17 sur 31 · Voir notre opuscule sur /e Patriotisme des Jésuites · texte numérisé non relu

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Dans la séance du 4 juillet 1879, à la Chambre des députés, un orateur de la gauche, M. de Gasté a rendu justice aux Jésuites du Canada :

‘Vous savez, messieurs, dit-il, que les Jésuites ont contribué à la colonisation du Canada et de la Louisiane et que, au moment où Louis XV allait céder le Canada à l’Angleterre, après des défaites qui n'auraient pas eu lieu, s’il s'était occupé de défendre nos colonies, au lieu de bâtir l'Elysée pour une maîtresse. {Bruit.)les Jésuites qui

ET LES JÉSUITES. cn

1642. Le gouverneur M. de Montmagny voulut que le père Raymbauls, premier Jésuite mort en Canada, fût déposé à côté de Champlain dans le tombeau qu’on avait élevé pour honorer la mémoire de ce père de la colonie.

1665 (4 oct.). L’intendant Talon répondant au ministre qui lui avait exposé les bruits calomnieux répandus sur les Jésuites du Canada, lui dit qu’il ne voit rien qui y puisse servir de fondement. { Je les surveillerai cependant et je verrai à ce que leur conduite ne soit pas préjudiciable à Sa Majesté.….et en cela je n’aurai pas de peine. »

1666 (7 juillet). Le vice-roi, M. de Tracy, envoyé au Canada pour punir les Iroquois, essaya d’abord des négociations de paix. Il voulut en donner avis à Richard Nichols, gouverneur anglais de New- York, qui ne voyait pas sans inquiétude et sans jalousie les démarches des français, puis il ajoute: J'avais prié le révérend père Beschafer (?), personnage d’un grand mérite, d’aller lui-même avec quelques personnes importantes chez les Agniers pour conclure la paix... L’assassinat que ces Iroquois ont commis pendant les pourparlers m'a empêché de me servir de personnages de cette importance pour les exposer au danger.

1666 (5 avril). Lettre de Colbert à l’intendant Talon : ( Sa Majesté est contente d'apprendre et par vous et par lui (marquis de Tracy) que l’évêque de Pétrée (vicaire apostolique du Canada) et les pères Jésuites n’ont pour but de leurs desseins que lavancement de la religion. »

1683 (4 nov.). Le gouverneur de la Barre au ministre : « Les

avaient colonisé le Canada et la Louisiane, des pays aussi fertiles que la France, et qui auraient pu nourrir facilement un jour 400 à 500 millions de Français, les Jésuites devaient trouver mauvaise la morale de Mme de Pompadour et de Louis XV. (Nouvelles exclamations à gauche.)

"Is avaient fait aimer la France par les sauvages qui habitaient ces pays. Au lieu de détruire des peuplades qui comptent encore aujourd’hui 100,000 habitants, comme les Anglais le font partout oùils vont, les Jésuites avaient su faire aimer laFrance par ces sauvages et faire aimer ces sauvages par les Français. ”

A droite. C’est vrai ! — Très bien !

M. DE GASTÉ, Les Jésuites qui s'étaient occupés de la grandeur de la France abominaient tout naturellement Mme de Pompadour et Louis XV, au moment où ils voyaient que Louis XV allait céder ce territoire qui aurait pu nourrir, je le répète, 400 millions de Français.

Les Jésuites étaient indignés de la morale de Louis XV, qui savait si peu défendre nos colonies.

r. Supérieur de la mission du Canada.

pères Jésuites ont acquis au roi dans la mission du Saut Saint-Louis 200 bons soldats iroquois. Ils ont souffert un grand accident. Leur église a été rasée par un coup de vent. Une charité de Sa Majesté serait bien appliquée à cette réparation et le maintien de cette mission est de grande importance. Les pères dont la conduite est d’une grande édification dans ce pays ont été encore affligés cette année par le feu qui a brûlé une partie de leur bâtiment dans cette ville (Québec). »

1688 (6 nov.). Le gouverneur de Denonville écrivait au rot: « J’enverrai au ministre un mémoire sur la nécessité indispensable qu'il y a dans les intérêts de la religion et de la colonie, de rétablir les missionnaires Jésuites dans tous les villages iroquois soit que les Iroquois restent au roi, soit queSa Majesté les cède au roi d’Angleterre. Il n’y a que Dieu qui ait pu cette année garantir tout le pays de sa ruine.….M. de Callière vous dira combien le père de Lamberville nous a été nécessaire et avec quelle habileté il a détourné l'orage qui nous menaçait et de quelle manière il gouverne l'esprit de ces sauvages qui ont plus d’habileté qu’on ne peut se l’imaginer. Si vous ne trouvez moyen de faire retourner tous ces pères dans leurs anciennes missions(iroquoises),vous devez attendre beaucoup de malheurs pour notre colonie, car je dois vous dire que jusqu’ici, c’est leur habileté qui a soutenu les affaires du pays par le nombre d'amis qu’ils se sont acquis chez tous les sauvages, par leur savoir faire à gouverner l'esprit de ces barbares qui ne sont sauvages que de nom.

» J'ai su de bonne part que le gouverneur anglais cherche à gagner les sauvages (Abénaquis) de l'Acadie qui sont près de Penteyo pour les retenir sur les terres des Anglais. Le père Rigot est allé de ma part pour les engager à faire de nouveaux villages sur les terres du roi. Vous voyez le mal qui nous arriverait si le père Rigot qui en est aimé, était obligé d'abandonner cette mission. }

1686 (16 nov.). L’intendant de Champigny écrivait au ministre du roi: «Les Jésuites travaillent avec beaucoup de zèle pour le service des Français et des sauvages, tant de ceux qui sont parmi nous que chez les nations les plus éloignées d'ici Il ne me parait pas qu'ils se mêlent d’autre chose que de ce qui est propre à leur Institut ..La mission de Ultery a augmenté cette année de 200

Abénaquis. Les pères Jésuites ont fait beaucoup de dépense pour

les y attirer et pour les y faire subsister. Comme cette nation a été de tout temps ennemie des Iroquois,on s’en servira avantageusement contre eux. }

1687 (8 juin). Lettre de Denonville au ministre : ( Le père Engelran à à Missillimakinac (lac Huron) uni au commandant du poste a empêché les Hurons et Ottawas (de ce poste) de s’unir aux Iroquois, qui voulaient les entraîner dans leurs intérêts. Les pères ont détourné le plus grand malheur qui pouvait nous arriver de ce côté. »

1689. Mémoire de Denonville au roi: (Quand l'intérêt de l’'Évangile ne nous engagerait pas à entretenir des missionnaires Jésuites dans tous les villages iroquois et autres, l'intérêt du gouvernement civil pour le bien du commerce nous doit engager à faire en sorte d’en avoir toujours ; car ces peuples ne peuvent se gouverner que par les missionnaires, qui seuls sont capables de les maintenir dans nos intérêts et les empêcher de se révolter contre nous... .Je suis convaincu par l’expérience, que les Jésuites sont les seuls capables de gouverner l'esprit de toutes les nations sauvages, étant seuls maîtres des différentes langues, outre leur savoir faire par une très longue expérience qui s’est acquise chez eux successivement par les missionnaires qu’ils ont eus et qu’ils continuent d’avoir en grand nombre. »

1672 (7 avril). Le ministre écrivait au comte de Frontenac, gouverneur : ( Les Jésuites ayant par leur vertu et leur piété contribué à l’établissement et à l'augmentation de la colonie, le roi désire que vous ayez beaucoup de considération pour eux. (Frontenac était très hostile aux Jésuites parce qu'ils soutenaient l'autorité de l’évêque de Québec contre les iniques mesures du gouverneur en faveur du commerce odieux de l’eau-de-vie.) »

1691 (10 mai). L’intendant de Champigny au roi :( Il raconte les intrigues des Iroquois Agniers, qui poussés par les Anglais de New- York étaient venus au nombre de 146 pour débaucher les Iroquois du Saut Saint-Louis,en les menaçant même de les enlever de force s'ils ne revenaient pas dans leur pays. Animés par les missionnaires, les Iroquois chrétiens se sont montrés inflexibles, et vingtcinq des députés venus pour les séduire, se sont eux-mêmes fixés dans la mission du Saut.»

1687 (28 déc.). De Denonville à Duncan, gouverneur anglais de

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