‹ La civilisation et les jésuitesChapitre 5 sur 31 · I. Ibid. p · texte numérisé non relu

I. Ibid. p

AVANT-PROPOS. >al

entreprises des Européens.On les trouve au fond des mines du Pérou, aux marchés d'esclaves des caravanes africaines, sur les rives les plus lointaines, dans les observatoires de la Chine. ÎTs faisaient des prosélytes dans les contrées où ni l'avarice, ni la curiosité n'avaient encore conduit leurs compatriotes ; 1ls préchatent et disputarient dans les langues dont pas un des fils de l'Occident n'aurait compris une parole.”

Mais, ul est temps d'aborder en détail notre sujet. Nous allons donc visiter rapidement chacune des contrées évangélisées par les Jésuites, et, après avoir contemplé les athlètes du Christ aux prises avec la barbarie, nous pourrons conclure que ces religieux tant décriés ont plus fait pour la civilisation des peuples que les conquérants les plus renominés. Ceux-c1 Savançatent le glaive en matin, précédant trop souvent le pillage et la mort: les fils de Saint-lgnace imarchatent seuls, n'ayant pour toute arme que la croix. Une fois de plus les peuples ont appris que c'est une croix qui à sauvé le inonde.

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SOUS empruntons au père de Ravignan la courte étude qui va suivre sur les missions de la Compagnie de Jésus, en Europe :

€ Saint Ignace, dans son noviciat de Manrèze, comprit bien la pensée catholique de la divine institution de l’apostolat. Il en déposa dès lors l'expression dans son livre des Æxercices spirituels.

» D'abord il n’ambitionnait que la gloire d’aller en Terre Sainte avec SES Compagnons annoncer la rédemption accomplie aux lieux mêmes qui en furent les témoins ; ce fut dans ce but qu’il vint aux pieds du successeur de saint Pierre offrir les vœux et la soumission fidèle de sa Compagnie naissante.

» Le pape l'agréa ; mais la réforme venait aussi de naître et de troubler l’Europe. Saint Ignace avait eu la pensée de la TerreSainte et des pays infidèles ; il eût aimé À reporter la lumière de l'Évangile aux lieux qu’elle éclaira de ses premiers rayons. La Providence qui, dans le cours des temps, fixe leur date aux travaux de l’apostolat selon les besoins de l’Église, marqua aussi la place de la Compagnie de Jésus au devant des efforts répétés du schisme et de l'hérésie; et les enfants d’Ignace furent mis au service du siège apostolique pour combattre les funestes innovations de la réforme:

» Un grand pontife, Benoît XIV, en a fait solennellement la remarque : {€ Comme Dieu, dit-il, suscita d’autres saints en d’autres temps pour de pressants besoins, de même il Opposa saint Ignace et sa société à Luther et aux hérétiques de cette époque (1). »

» Ignace comptait à peine dix prêtres réunis sous son obéissance; il dut en envoyer trois en Allemagne. L’Angleterre, le Portugal, l’Italie, l'Espagne, se partagèrent les autres; et pour com-

1. BENOÎT XIV, Bref de 1748. — /nstit. Soc., t. I, p, 237. ‘‘ Constantem omnium sensum, pontificio etiam confirmatum oraculo, omnipotentem nimirum Deum, sicut alios aliis temporibus sanctos viros ita Luthero ejusdemque tempo-ris hæreticis sanctum Ignatium et institutam ab eo societatem objecisse, ”

- mencer dès l’origine les travaux de lapostolat lointain, il y en eut

un qui partit pour les Indes, un seul: il est vrai qu’il se nommait François-Xavier.

» Lefebvre, Lejay, Bobadilla, par les ordres de Paul III, allèrent se placer au foyer même de l’incendie du protestantisme et au plus fort de ses ravages.

» Lefebvre, le premier prêtre de la Compagnie, se rendit dès 1540 à Worms, à Spire, à Ratisbonne, où il obtint la confance universelle, gagna tous les cœurs et affermit heureusement la foi des catholiques ébranlée. Saint Ignace l’appelait l'Ange de la Compagnie.

» En 1542 il retourne encore en. Allemagne, réforme le clergé, ranime le courage des fidèles. Spire et Mayence virent en particulier le succès de son zèle. À Cologne, il s'oppose avec énergie à l'archevêque infecté du venin des nouvelles erreurs; et l’on peut dire que cette ancienne et illustre cité dut au père Lefebvre de ne point devenir la proie de l’hérésie. Elle lève aujourd’hui son front couronné de toutes les gloires de la constance.

» Lejay, Bobadilla, tous deux aussi du nombre des premiers compagnons d’Ignace, furent envoyés en 1542, par le pape PaulITT, en Allemagne. Leur savoir, leur zèle, opposèrent au torrent une digue puissante dans les villes de Ratisbonne, d’Ingolstadt, de Dillingen, de Saltzbourg, de Worms, de Vienne, et dans beaucoup d’autres.

» En 1545 et 1551, deux autres des premiers pères de la Compagnie, Lainez et Salmeron, sont envoyés par le pape au concile de Trente en qualité de théologiens. On sait quelle confiance les pères du concile leur témoignèrent. Lainez tomba malade : les séances furent suspendues; elles se tenaient quand il pouvait y assister. Et en même temps ces deux hommes, savants consommés, pauvres et fidèles religieux, logeaient à - Trente dans l'hôpital, balayaient les salles, servaient et pansaient les malades, catéchisaient les enfants et demandaient l’aumône pour vivre. Ignace le leur avait ainsi prescrit ; il voulait toujours retrouver l'humilité apostolique à côté du zèle et de la science.

» Lefebvre et Lejay furent à leur tour rappelés du théâtre de leurs combats évangéliques pour assister aux séances du concile et y prendre part à la discussion des intérêts religieux de l'Allemagne.

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