CROISET, II
développer la biographie, qui en est une forme secondaire, nullement négligeable cependant. Dérivée au IV*' siècle de VEloge oratoire, la biographie fut mise en honneur d'abord par les école; philosophiques, qui tenaient à garder pieusement le souvenir de leurs chefs. Puis, la publication et la diffusion des œuvres des grands écrivains donnèrent occasion à la rédaction de notices oia étaient rappelés les principaux événements de leur vie et les plus notables traits de leur caractère. Une fois le genre accrédité, les biographies d'hommes d'Etat, de généraux, de rois, de grands personnages eurent naturellement leur tour. Le goût du public pour les détails de mœurs, l'intérêt de plus en plus vif qui s'attachait aux particularités individuelles et aussi une certaine curiosité scientifique qui se généralisait, en assurèrent le succès. Aucun des biographes de ce temps, il est vrai, ni un Hermippe, ni un Antigone de Carystos, ni un Satyros, ne semble s'être classé parmi les écrivains en renom. Ce sera seulement sous l'empire, au temps des Antonins, que le genre biographique, grâce *à Plutarque, prendra place parmi les créations durables de l'esprit grec. Mais l'œuvre de Plutarque, dont nous parlerons en son temps, n'aurait pas été possible sans doute, si elle n'eut été préparée de longue date.