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III. — Les autres écoles

ANCIENNES ECOLES ET ESPRIT NOUVEAU. — Si l'on met à

part l'épicurisme et le stoïcisme, les autres écoles de philosophie, dont l'activité s'est manifestée dans le monde grec entre la mort d'Alexandre et l'établissement de l'Empire romain, ne se donnaient pas pour nouvelles. L'Académie prétendait perpétuer l'enseignement de Platon, le Lycée celui d'Aristote, la secte pythagoricienne celui de Pythagore. Pourtant, sans le déclarer, et peut-être sans le vouloir, elles s'accommodaient plus ou moins à l'esprit de leur temps ; et, par conséquent, elles apportaient, elles aussi, certaines nouveautés. Trois tendances méritent surtout d'être signalées ici, à savoir le scepticisme, l'éclectisme et le mysticisme.

SCEPTICISME. — Le scepticisme, tel qu'il apparut à la fin du IV^ siècle avec Pyrrhon d'Elis, fut en quelque sorte la condensation des doutes qui s'étaient élevés précédemment, soit au sujet du témoignage des sens, soit à propos des jugements eux-mêmes. Une certaine lassitude de l'intelligence générale, en face des spéculations trop abstraites

et des controverses incessantes, y eut aussi sa part. Ni Pyrrhon, ni son disciple Timon ne nous sont assez connus pour qu'on puisse aujourd'hui reconstituer exactement toute leur doctrine. Elle consistait, en somme, dans un refus de se prononcer sur quoi que ce soit, dans un abandon systématique à la coutume, dans une sorte de passivité, d'où devait résulter, d'après eux, la tranquillité de l'âme. Car tel était, pour ces sceptiques comme pour les Epicuriens, l'objet dernier de la philosophie.

Mais ce fut dans l'Académie, au m® siècle, que cette tendance de la pensée prit une forme savante. L'auteur de ce changement fut l'éolien Arcésilas de Pitané, disciple de Crantor. 11 en devint le chef vers 280 et la dirigea pendant une quarantaine d'années. Esprit brillant, cultivé, plein de ressources, disputeur infatigable, séduisant par son caractère aimable et désintéressé. Ses idées, transmises à ses successeurs, trouvèrent, au siècle suivant, un représentant non moins remarquable en Carnéade de Cyrène, orateur disert, toujours prêt à l'attaque ou à la riposte, qui eut la direction de l'école de 160 environ à 120. Le scepticisme académique fut leur œuvre commune.

Ce n'était, à vrai dire, qu'un scepticisme atténué, assez bien défini par le terme de probabilisme, qui sert communément à le désigner. Se donnant surtout pour tâche de réfuter les assertions tranchantes du dogmatisme stoïcien et les négations de l'épicunsme, ses représentants professaient que m les sens m la raison ne peuvent procurer la certitude. Ils affectaient de reprendre à leur compte l'attitude expectante que Platon avait prêtée à Socrate dans plusieurs de ses dialogues. N'affirmant rien, ils contredisaient tout ce que soutenaient les écoles rivales. La seule concession qu'ils consentissent à faire, c'est que certaines opinions

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