I. — Les sciences
SCIENCES MATHÉMATIQUES ET NATURELLES. — Alexandrie, qui avait été, dans la période hellénistique, un foyer d'études si intense, produisit encore dans les siècles suivants quelques-uns des plus remarquables représentants des sciences mathématiques et physiques. Au premier rang parmi eux se place Claude Ptolémée, qui s'illustra comme astronome, comme géographe, comme théoricien de la musique et comme physicien dans la seconde moitié du II® siècle de notre ère. Son grand Traité d'Astronomie, connu au moyen-âge d'après les traductions arabes sous le nom d' Almageste, resta le fondement de la science astronomique jusqu'au temps de Copernic. 11 nous a conservé l'ensemble des observations faites soit par l'auteur lui-même, soit par ses prédécesseurs. Dans sa Géographie, nous trouvons rassemblées toutes les informations dont la science de ce temps pouvait disposer pour déterminer les longitudes et les latitudes des lieux mentionnés sur les cartes ; c'était le plus grand travail en ce genre qui eût encore été exécuté. Ses Harmoniques nous le font connaître comme continuateur d'Aristoxène et des Pythagoriciens dans la théorie musicale. Enfin, outre son Optique dont nous possédons une traduction latine, il avait écrit divers ouvrages perdus sur la mécanique et sur quelques parties de la physique.
Dans l'ordre des mathématiques, un autre grand nom à citer est celui de l'Alexandrin Diophante, qui semble avoir vécu au lll*^ siècle de notre ère. Son Arithmétique, dont le texte ne nous est parvenu malheureusement que mutilé et remanié, représente aujourd'hui pour nous l'en-
semble des recherches effectuées sur les nombres par les mathématiciens grecs. Quelle est au juste dans cet ouvrage la part qui lui appartient en propre ? C'est un point sur lequel les spécialistes ne sont pas entièrement d'accord. On admet en général que le savant alexandrin avait fait plus que mettre en œuvre, dans une série de problèmes, des méthodes déjà employées. Il avait tout au moins choisi les meilleures et il en a fait ressortir la valeur. Il a pu être considéré comme un des créateurs de l'arithmétique savante et aussi comme celui qui a fourni aux Arabes les éléments constitutifs de l'algèbre.
SCIENCES BIOLOGIQUES. — Le rôle de Galien, dans la médecine, en prenant ce mot au sens le plus large, fut à peu près le même que celui de Ptolémée dans l'astronomie et la géographie, de Diophante dans l'arithmétique. Comme eux, il résume dans ses écrits toutes les connaissances acquises par ses prédécesseurs ; mais, comme eux aussi, il les développe par ses observations personnelles. Instruit dans la philosophie, dans les lettres, il portait partout, quel que fiât le sujet auquel il s'appliquait, l'habitude de la réflexion méthodique, il savait coordonner et généraliser, il raisonnait bien et clairement. Une longue pratique médicale à Pergame, sa patrie, à Smyrne, à Alexandrie, à Rome, sous les règnes d'Antonin, de Marc Aurèle et de Commode, lui avait permis d'acquérir une riche expérience. Ecrivain fécond, il la mit à profit dans ses très nombreux ouvrages, dont les plus importants nous ont été conservés. On y trouve la preuve des progrès qu'il fit faire à l'anatomie, à la physiologie, à la pathologie. Admirateur d'Hippocrate, dont il a commenté les principaux écrits, il mérite d'être rapproché de lui dans l'histoire de la médecine
grecque. Le premier avait été l'initiateur de la science médicale, le second lui donna la forme sous laquelle elle devait se transmettre jusqu'aux temps modernes, en attendant l'apparition de méthodes et de connaissances nouvelles.