Saint Luc, xvu
2 oaint LUC: % 790
termes Jésus parlait d'eux, ils cherchèrent à s emparer de lui. Une seule chose les gênait : la popularité du jeune Maitre. La foule, enthousiasmée par les miracles de Jésus et par l’'admirable doctrine qu'il prêchait, faisait peur aux prêtres, mais ne les désarmait pas. Plus les triomphes se multipliaient, plus le désir de la vengeance grandissait dans leurs cœurs. Quand ils entendirent les enfants crier dans le temple : Hosannah au fils de David! Ils dirent à Jésus : Entendez-vous ce que disent
ces enfants et les louanges qu'ils vous donnent?
Oui, leur répondit tranquillement Jésus. N'avezvous point lu ces mots du livre saint : « C'est de la bouche des petits enfants que sort la meilleure louange. » Puis, il s’en alla, sortit de la ville et gagna Béthanie, où il passa la nuit*.
Le lendemain, lorsqu'il parut dans le temple, les princes des prètres et les sénateurs du peuple vinrent le trouver pendant qu'il enseignait et lui dirent : De quel droit faites-vous ce que vous faites, et qui vous a conféré le pouvoir d'enseigner ? Jésus leur répondit : J'ai aussi une question à vous poser ; et si vous me répondez, je vous dirai de quel droit je fais ce que je fais. D'où venait le
1. « Cum audissent principes sacerdotum parabolas ejus,cognoverunt quod de ipsis diceret. Et quærentes eum tenere, timuerunt turbas, quoniam sicut prophetam, eum habebant. » (Saint
Matth.,xx1, 45.) 2, Saint Matth., xx1, 15, 16.
baptème de Jean? De Dieu ou des hommes? Les Juifs furent embarrassés, et ils se dirent à euxmêmes : Sinous répondons qu il venait du ciel, il nous dira : pourquoi donc n’y avez-vous point cru ? Et si nous répondons qu’il venait des hommes : le peuple se dressera contre nous. Ils répondirent donc à Jésus : « Nous n'en savons rien ». Et Jésus leur répondit : «Eh! bien, je ne vous dirai pas non plus de quel droit je fais ce que je fais. »
Bientôt de tristes pressentiments s'emparent du cœur de Jésus. Les jours lugubres de la passion ne sont plus éloignés, et le Maître annonce à ses disciples ce qui va se passer. Il me faut aller à Jérusalem, leur dit-il, et là, J'aurai beaucoup à souffrir de la part des anciens et des scribes et des princes des prêtres, et ils me mettront à mort. Puis, entrant dans les détails, il leur dit au moment de partir pour la ville sainte : Voici que nous montons à Jérusalem; le Fils de l’homme y sera livré aux princes des prêtres et aux scribes qui le condamneront à mort, le livreront aux Gen-
tils, afin qu’il soit conspué, flagellé et crucifié!.
De fait, le moment suprème arriva. Les princes des prôtres et les anciens du peuple s’assemblèrent dans la maison du grand-prêtre, qui se nommait Caïphe, et tinrent conseil sur les moyens de
1, Saint Matth., xvr, 21; xx, 18,
prendre Jésus par ruse et de le mettre à mort. Que ce ne soit pas, disaient-ils, pendant les fêtes, de peur qu'il n'y ait dans le peuple quelque tu- multe. Un des douze, appelé Judas Iscariote, vint . trouver les princes des prêtres et leur dit : Que voulez-vous me donner, je vous le livrerai..
Saint Marc ajoute que les prêtres se réjouirent à celte proposition de Judas. Ils lui comptèrent
trente pièces d'argent. Un soir, Jésus était allé
selon sa coutume au jardin des Oliviers. Tout à coup, Judas pénètre dans le jardin, et, avec lui,
une foule nombreuse, armée de glaives et de bà-
tons, envoyée par les princes des prêtres et les
anciens du peuple. On s'empare de Jésus, et on le conduit au grand-prètre Caïphe, chez qui les
È scribes et les Pharisiens se trouvaient rassemblés. Les princes des prètres, les anciens et tout le COM seil cherchaient contre Jésus quelque faux témoi-
gnage qui permit de le condamner à mort; mais”
. ils n’en trouvaient point. Enfin se présentèrent deux témoins qui parlèrent ainsi : Nous l'avons … entendu dire : Je peux détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois jours. Le grand-prêtre se
levant, lui dit : Vous ne répondez rien aux accu-
salions qu'on formule contre vous. Or Jésus se faisait. Le grand-prêtre lui dit : Je t’adjure, par
le Dieu vivant, de nousdire situes le Christ, Fils de Dieu. Jésus répondit : Vous l'avez dit, et vous
verrez un Jour le Fils de l’homme assis à la droite de Dieu, venant sur les nuées du ciel! Alors, le grand-prètre, déchirant ses vêtements, s’écria : Il a blasphémé! Qu'avons-nous encore besoin de témoins! Vous avez entendu le blasphème, que vous en semble? [ls répondirent : Il est digne de mort. Alors ils lui crachèrent au visage et le souffletèrent. D'autres, lui mettant la main sur la face, lui disaient : Prophétise, d Christ, qui L'a frappé!
Il fallait obtenir une condamnation à mort de la part du gouverneur romain. Le lendemain matin de bonne heure, ils emmenèrent Jésus, garroté comme un malfaiteur, chez le préfet du prétoire, Ponce-Pilate. Le traître Judas, voyant que Jésus allait être condamné, eut des remords, et rapporta les trente pièces d'argent aux princes des prètres et aux anciens, en leur disant : J’ai péché; j'ai livré le sang innocent. Ils lui répondirent : Que nous importe à nous; c’est ton affaire. Mais Judas jeta son argent sur le parvis du tempie, se retira et alla se pendre. Les princes des prêtres ramassèrent l'argent et dirent : On ne peut le mettre au. trésor, car c’est le prix du sang. Puis, s'étant concertés, ils employèrent la somme à l'achat du champ d'un potier, pour la sépulture des étrangers. C'est pour cela, dit l'Évangile, que ce champ est désigné encore aujourd'hui sous Le nom d'Haceldana :
PR PP, CC NE PEN Te
le champ du sang. Jésus était debout devant le préfet et le préfet l’interrogeait. Es-tu le roi des Juifs? Oui, répond Jésus. Et comme les anciens et les princes des prêtres multipliaient leurs accusations, Jésus gardait le silence. Pilate lui dit : N’entends-tu pas tout ce qu'on dépose contre toi. Jésus ne répondit pas un seul mot : ce qui frappa d’étonnement le gouverneur romain. C'était un usage qu'au moment des fêtes de Pâques le préfet libérât un prisonnier, désigné par le suffrage populaire. Il y avait alors un prisonnier célèbre, du nom de Barabbas. La foule étant donc rassemblée, Pilate s’adressa au peuple et lui dit
Qui voulez-vous que je mette en liberté : Barabbas
db Huties à
ANT VO De FD Te
ou Jésus. Il savait qu'on n'avait livré Jésus à la justice que par envie... Mais les anciens et les princes des prêtres persuadèrent au peuple de réclamer Barabbas et de perdre Jésus... C'était fini. Grâce à cette intervention des prêtres, Jésus fut condamné, couronné d’épines, conduit au Golgotha et crucifié.
Les passants blasphémaient et branlaient la tête en disant : Va! toi qui détruis le temple de Dieu et le rebâtis en trois Jours, sauve-toi toi-même! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix! — Les princes des prêtres blasphémaient comme les passants. Il a sauvé les autres, disaient-ils, et il ne peut pas se sauver lui-même! S'il est le roi d'Israël,
nn
qu’il descende de la croix et nous croirons en lui. Après de longues heures de supplice, Jésus expira ; mais la haine des prêtres juifs le poursuivit après sa mort et s’acharna sur son cadavre. Le lendemain, en effet, les princes des prêtres et plusieurs Pharisiens se rendirent chez Pilate et lui dirent : Nous nous souvenons que l’imposteur, encore vivant, a dit : Je ressusciterai le troisième jour. Faites donc garder le sépulcre, de peur que les disciples n’enlèvent le cadavre et ne disent au peuple: il est ressuscité: Cette erreur serait pire que la première. Pilate leur dit : Vous avez des soldats, gardez le sépulcre comme vous l'entendrez. Et les prêtres, s'étant retirés, constituèrent une garde autour du tombeau et en scellèrent la pierre.
Que signifient cet acharnement du sacerdoce antique contre Jésus-Christ et cette haine irréconciliable qui ne s'éteint que dans le sang de l'Homme- Dieu? Que signifient, d'autre part, l'attitude sévère de Jésus et ses paroles condamnatrices?
Ces diverses scènes que nous venons d'exposer
nous font assister à l’agonie d’un sacerdoce usé et à l'inauguration d’un sacerdoce nouveau. Les prêtres juifs, qui tendirent si souvent des pièges à Jésus, qui dépensèrent tant d'efforts pour s'empa-