Cicéron, Les Lois, Liv. IT
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Rome et les résultats obtenus par le Christ!
Avec le Christ, le monothéisme acquiert pour toujours la prépondérance : Jésus est véritablement le créateur du monothéisme, à un titre autrement élevé que Moïse, le législateur inspiré d'Israël, car, grace à Jésus, le monothéisme revêt trois caractères qui lui assurent un magnifique triomphe. Ces caractères sont : l’universalité, la durée, l'énergie. Sous l'influence de Socrate, de Platon, d'Aristote, de Cicéron, le monothéisme avait pu devenir le secret de quelques individualités aristocratiques et ne s'était guère étendu au-delà d’un petit cerele
d'initiés ; avec Jésus, la croyance au Dieu unique
et pur esprit s'impose non seulement aux classes lettrées et dirigeantes, mais elle pénètre dans les masses populaires et conquiert l'empire du monde. La démocratie devient monothéiste. — Avant Jésus- Christ, le monothéisme était persécuté, humilié, conspué, vaincu, abandonné de tous, des grands aussi bien que du peuple, des lettrés aussi bien que des ignorants, ct réduit par intermittence à de maigres succès d'écoles, bientôt suivis d’insuccés et d'abandon; avec Jésus, il devient la foi solide, durable, indestructible de milliers de générations et de dix-neuf siècles. Avant Jésus, les rares partisans du monothéisme étaient d'élégants académiciens, qui admettaient volontiers le Dieu unique, mais qui se seraient bien gardés de s’exposer au
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martyre pour soutenir leur conviction. C'était pour eux une question d'école et de bon goût plutôt
qu'une question de vie et de mort. On cherche
vainement autour du monothéisme socratique des témoins qui se soient fait égorger. Socrate eut beau donner un belexemple, on se hâta de ne pas l’imiter. Avec Jésus, la foi au Dieu unique devient énergique jusqu'au martyre, profonde jusqu'à la mort. On vit et on meurt parce qu'on croit à Dieu et, au milieu d'adeptes innombrables, les martyrs se comptent par millions. Universalité, durée, énergie, voilà les caractères de monothéisme apporté par Jésus.
Tout en rendant hommage aux grands hommes de l'antiquité qui ont connu le vrai Dieu au milieu des ténèbres et des abaissements du paganisme ; tout en reconnaissant qu'il est glorieux d’avoir adopté cette vérité, malgré Îles hostilités du peuple et des gouvernants; tout en félicitant Socrate, Platon, Aristote, ces chercheurs illustres qui trouvèrent le Dieu suprême, quand la multitude, aveuglée et fanatisée, proclamait la divinité de Vénus ou de Mercure ou de Bacchus, nous sommes obligés de constater l’inanité et l'insuccès de la découverte philosophique. Ces sages, en effet, réussirent à connaître le vrai Dieu pour leur propre comple, mais ils ne réussirent Jamais à le faire
adopter par les autres. Qu'ils sont petits à côté de
Jésus! Et que serait devenu le monothéisme sans la révélation chrétienne ?
La révélation chrétienne est conforme aux révélations du raisonnement humain.
Si Dieu nous a donné des sens pour nous emparer du monde des corps, il nous a donné une raison pour conquérir le monde des esprits. Or la raison de l’homme affirme un Dieu. Déployant toutes ses forces, usant de toutes ses ressources, fouillant dans toutes les directions, employant tour à tour l'induction etla déduction, l'expérience et le raisonnement, s'appuyant tour à tour sur le monde des réalités et sur le monde des idées, elle trouve une multitude d'arguments qui attestent l'existence de Dieu. Ces arguments ont acquis toute la solidité et tout l'éclat possibles. Et que nous disent-ils? Ils disent tous : Dieu est. |
Dieu est. Nous ne le voyons pas directement et en lui-même, mais nous pouvons constater son existence en constatant son action. Regardez! Il agit d’une manière efficace et permanente, et le résultat de son travail est sous nos yeux. Deux œuvres considérables portent l'empreinte de sa main divine : c’est l'univers, c’est l’âme humaine.
L'univers et l'âme sont des effets de Dieu. Appuyés
sur le principe de causalité, dit la philosophie, nous remonterons des effets à leur cause; nous constaterons l’action d'un esprit invisible dans les