CHAPITRE II
Dieu est. Nous constatons son action et en dehors de nous et en nous-même. Il y a une multitude de phénomènes matériels que nous ne pouvons expliquer sans remonter à une cause première, et une multitude de phénomènes spirituels dont nous ne pouvons nous rendre compte sans remonter à une raison suprème : donc Dieu est. Comme on l’a dit, c'est un océan qui bat nos rivages; cest un soleil qui nous inonde de ses rayons; nous sommes bien obligés d’avouer son existence.
Mais qu'est-il? Pouvons-nous le savoir? Après avoir constaté son existence, pouvons-nous pénétrer sa nature ? Cette exploration est plusdifficile que la première. Heureusement nous avons un guide.
Jésus nous tend la main. Il s'offre à diriger nos pas pour ce voyage dangereux; il s'offre même à nous conduire bien loin dans les mystères du monde surnaturel. Nous marcherons derrière Lui.
Le problème de la nature de Dieu est plus éloigné de nous que le problème de son existence. Pour constater la réalité de l'être divin, il suffit de
s’en aller aux frontières du monde créé, et là, de
regarder ct d'écouter. En ouvrant les yeux, nous apercevons des lueurs révélatrices du grand astre inconnu; en prêtant l'oreille, nous entendons murmurer les premiers flots de la grande mer divine, et le fait de l'existence de Dieu est constaté. Mais pour savoir ce qu'est Dieu en lui-même, 11 faut aller plus loin. Il faut quitter momentanément la terre ferme des réalités finies, et s’élancer sur Îles flots mobiles d’un océan sans fin et sans fond, en courant le risque de s'égarer et de faire naufrage. L'homme, en voulant déterminer les caractères de l’'Infini, s'expose à prêter à Dieu des imperfections qu'il n’a point, à lui refuser des attributs auxquels il a droit, à mêler des conceptions fausses à des conceptions incomplètes, et à falsifier ainsi la nature divine.
. Néanmoins, ne nous décourageons pas. Si cette exploration est difficile, elle n'est pas impossible ; -et la raison humaine, malgré ses faiblesses, : malgré ses défaillances, la raison humaine peut - aller jusque-là. Nous ne sommes pas de ceux qui