Subslantia mea lanquam nihilum ante te
TA
créature avec le créateur et n'a rencontré qu'une
fausse notion de la Divinité. L'histoire est là pour |
raconter ces égarements.
Qu'était-ce que Dieu pour les anciens ? Comment
concevaient-ils l’auteur et le maître de la nature?!
Les anciens étaient témoins, comme nous, des
merveilles de la création; ils assistaient, comme
nous, aux grands spectacles que donne l'univers!
visible, et souvent, comme nous, ils étaient éblouis! ou effrayés. L'éclair traversant la nue, letonnerre. grondant dans les airs, le soleil inondant l’atmos-. phère de ses rayons, la mer agitantses flots tumultueux entre deux lointains rivages, les volcans | allumant leurs colonnes de feu, les vents destem-! pêtes balayant les nuages du ciel, les sources jail- |
lissant des rochers, l'hiver cor dans son froid linceul Se et montagnes, le printemps ressuscilant la nature endormie, toutes ces féeries.
éblouissantes du Cosmos frappèrent les peuples antiques. Mais s’élevèrent-ils par là jusqu’à l'idée.
d'une cause première, jusqu'à l’idée d’un maitre
souverain, esprit pur, infiniment grand, infini. ment parfait? Hélas, non. Ils ne surent ni aller si Join, ni monter si haut. Ils s'arrêétèrent aux forces |
inconnues d'où émanaient ces phénomènes physiques, et ils divinisèrent ces forces inconnues. Le.
soleil fut un dieu, la mer fut un dieu, le feu fut. un dieu; les vents, les fleuves, les saisons furent.
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des dieux. On distribua à des forces aveugles et inconscientes les prérogatives suprèmes; on eut des dieux physiques, on géométriques, et on les adora.
Dans l'Inde et dans l’Extrème-Orient, l'idée de l'infini ne fut guère plus pure. On regarda Dieu comme une substance unique se manifestant et dans l'activité de la pensée et dans les phénomènes de la matière ; sommeillant dans le minéral, végétant dans la plante, sentant dans l'animal, pensant dans l'homme. Dieu était tout, tout étail Dieu. On mettait sur le compte de la Divinité toutes les limitations, toutes les imperfections de la matière, et jusqu'au mal lui-même. N'importe. Cent millions de créatures humaines crurent cela et adorèrent ce dieu monstrueux.
Quelques peuples civilisés montèrent un peu plus haut. Remarquant de l’ordre, de la mesure, du calcul, de l’art dans les choses du monde, ils
comprirent que les forces inconnues, causes de l’ordre universel, devaient être douées, comme
l'homme lui-même, d'entendement et de volonté. [ls crurent à des dieux intelligents et libres, mais incapables de regarder au-delà de la nature hu-
maine, incapables de faire la part des imperfections
et de pousser jusqu'à l'idéal nos qualités el nos vertus, ils altribuèrent aux dieux non seulement
nos grandeurs et nos gloires; mais encore nos
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passions et nos vices. Ils pétrirent leurs divinités dans une argile purement humaine, et s'il y eub des dieux pour symboliser la sagesse, la puissance l'amour, il y en eut pour symboliser la fraude, la vengeance, la débauche. Les races les plus civilisées adorèrent des dieux égoiïsles, jaloux, -capricieux, cruels, voleurs, corrupteurs.
Telle fut la conception païenne de la Divinité. Je Sais que quelques esprits d'élite, comme Socrate. Platon, Aristote, Cicéron, eurent des idées plus saines ; j'admets même volontiers que ces grands hommes connurent le Dieu véritable, le Maître universel, l’Esprit pur, mais Je sais aussi qu’ils ne réussirent pas à faire rayonner cette idée du vrai Dieu sur les masses populaires. Ces Moïses des peuples infidèles ne purent pas allumer la colonne de feu au sein de l'humanité égarée, pour arracher cette humanitéaux affreuses ténèbres de Ja superstition, et au despotisme d’une invi- Sible fyrannie. Ils furent impuissants. Ce grand œuvre élait au-dessus de leurs forces. La route qui va de la créature jusqu'au Dieu, pur Esprit, si simple, si commode pour nous qui suivons les traces lumineuses de Jésus, cette route, ilsne surent pas la construire. Tout ce qu'on peut dire, c'est que, quelques-uns d’entre eux, pionniers de génie, tracèrent péniblement un petil sentier étroit, glissant, semé de précipices, par lequel on n'ar-
rivait pas toujours et dont la foule ne pouvait pas user. Platon, par exemple est admirable quand il gourmande le vieil Homère, parce que le grand poèle nous peint la divinité sous des traits purement humains, et qu'il prête aux dieux et aux déesses les passions et les vices qui déshonorent l'espèce humainc!. Platon, dis-je, est admirable d'oser ainsi attaquer le premier et le plus grand représentant de la littérature et de la religion hellénique. Il est vrai qu'en bannissant Homère de sa République, Platon chante ses louanges et lui met une couronne sur la tête; mais cette expulsion nous dit bien haut que Platon avait de la Divinité Ja notion la plus pure. On peut en dire autant d'Aristote, qui magnifiquement définit Dieu, l'Étre qui meut sans être mû, l'Étre Éternel, l’Essence pure, l'Acte pur, le Vivant éternel et parfait, parce que la vie continue, éternelle est en Lui, ou plutôt parce que cette vie est Dieu même?. On peut en dire autant de Cicéron, dont le livre De Natura Deorum, fat brûlé par les ordres de Diocléen, comme contenant certaines pages d'une doctrine presque chrétienne, sur la nature de la Divinité. Ces grands hommes païens connurent le vrai Dieu, et ils n'osèrent pas, et ils ne purent pas
. 1. Platon République, liv. IL. 2. Aristote, Métaphysique, XIE, 7.
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le faire connaître. Après avoir affirmé le Dieu, pur Esprit, ils se hâtaient de rentrer dans la foule et de faire comme elle, c'est-à-dire de parler de Jupiter, de Venus, de Vulcain, de Bacchus et des. autres ; — et ils se hâtaient d'aller dans les temples | sacrifier aux idoles, de peur d'ameuter contre eux. la populace et les autorités. Au lieu de conduire le peuple, ils se laissèrent conduire par lui, et leur | parole fut sans échos. #i
Jésus à fait ce que les philosophes de l’anti-| quité n'avaient pas pu faire. Il a créé la grande! voie qui mène à Dieu, au Dieu unique et pur | Esprit. Il a dégagé les abords de cette voie, il en] a comblé les ornières. Sans doute, c’est avec son | sang qu'il a affermi le sol trop mobile, c’est avec. ses ossements qu'il a aplani le chemin, mais aussi! quelle différence entre son œuvre et l'œuvre des | anciens sages ! |
Les anciens sages n'obtinrent rien. Après leur | mortcomme pendant leur vie, l'humanité continua à se traîner dans les bas-fonds de l'idolâtrie. Leurs timides tentatives n’aboutirent qu’au néant, et au ï lieu d’exalter le peuple jusqu'à eux, ils finirent par s'abaisser jusqu'au peuple. Platon allait dans le temple sacrifier à Astarté, Socrate mourant” À offrait un coq à Esculape, Cne ne riait pas en, présence des Aruspices, et Aristote attendait d’être à l’agonie et entouré du groupe choisi de un |
Hd pie: pour montrer du dr au haut du ciel, "à la Cause des Causes.
Il était temps que Jésus-Christ intervint. Le voici! | Il renverse les dieux du paganisme, il brise les idoles innombrables qui encombraient la terre ; et
i sur ces débris, il dresse la statue du Dieu unique.
* Puis, dépouillant la Divinité des vêtements humains dont on l'avait alfublée, des passions et des vices que les païens lui attribuaient, il pare le Dieu » véritable de toutes les perfections et de toutes les beautés : ; puis enfin, entrant, et nous faisant entrer à dans des mystères inconnus jusqu'alors, il nous . révèle la vie intime de Dieu et nous fait entrevoir . les merveilles de la Trinité.
| Le Dieu de Jésus est un Dieu unique. Dans plusieurs circonstances, sans avoir été préala- . blement interrogé sur ce point, et bien que, par- - lant à des Juifs pour qui l'unité de Dieu ne faisait . pas de doute, Le Christ insiste avec force sur cette vérité. Un Scribe lui demandant quel était le pre- mier article de la loi, Jésus répond : C’est celui-ci : Écoute, à Israël, le Seigneur ton Dieu est un Dieu unique !. Et le Dieu de Jésus est unique en vertu même de sa grandeur. La perfection de Æ tre divin est le fondement de son unité. Di