‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 36 sur 120 · REY · texte numérisé non relu

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autres ? Dans tout germe vivant, il y a une 2dée directrice de l'évolution vitale qui crée dans l’orga-

nisme l'unité centrale, la solidarité intime des parties !.

L'action divine est tout aussi éclatante dans le monde des infiniment petits. Quand on considère, à l’aide d'un excellent microscope, la moindre goutte

d’eau, elle ressemble à une mer où l’on voit nager.

des milliers de petites créatures vivantes. Chacune de ces créatures est nécessairement composée d'une infinité de petites fibres musculaires et nerveuses dont la structure merveilleuse doit nous ravir d’admiralion. Ensuite ces petites créatures, quoiqu’elles soient, peut-être, les plus pelites que nous puissions découvrir par les microscopes, ne sont pas

sans doute les plus petites que Dieu ait produites*.

Nulle part, Dieu n’est plus étonnant que dans les infiniment petits.

Ainsi il est impossible de ne pas constater dans la nature le gouvernement d’une intelligence.

Non seulement l'ordre règne partout, mais encore le mouvement et, par le mouvement, Je ne sais quelle tendance au progrès. Interrogez l’histoire de la formation de notre globe. Nous y

voyons d'abord la matière à l’état chaotique, puis

nous voyons cette matière s’agiter, se ranger, for-

1. Claude Bernard, Médecine expérimentale, p. 154, 162. 2. Euler, Lettre à une princesse d'Allemagne. Lettre 58°.

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mer des figures géométriques d'une régularité | parfaite, tracer des lignes, décrire des circonfé- | rences. Puis, par un progrès nouveau, la vie ap- … paraît. Une force étrange, invisible, prend sa place | dans la nature jusqu'alors inanimée. Cette force attire à elle la multitude des molécules matérielles, se les assimile, les transforme et produit les flores magnifiques de notre planète. Puis, par un progrès nouveau, la matière devient animal. La molécule, organisée avec plus de raffinement et . de délicatesse, commence à se mouvoir spontané- . ment d'un point à un autre, à éprouver toutes sortes de sensations, à voir la lumière, à entendre - le bruit... Puis, par un progrès nouveau, la ma- -tière arrive à former le système nerveux de l'homme, instrument merveilleux, sur les cordes duquel toutes les vibrations de l’univers matériel viennent se répercuter, et qui transforme ces vibrations brutales en hymnes de science et d'amour. Oui, le progrès est la loi du monde matériel ; oui, il y a une ascension de la matière vers l'esprit. Mais qui donc peut produire, qui donc peut diriger ce mouvement ascensionnel, sinon une Intelligence et une Bonté suprêmes ?

L'action intelligente et bienveillante de Dieu est manifeste dans l'univers physique; et ce n’est pas étonnant que Jésus nous invite à l’admirer. « Voyez les lis des champs, comme ils croissent!

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8e LA NOTION DE DIEU

« Is ne travaillent ni ne filent. Or je vous dis que « Salomon, dans toute sa gloire, n'a Jamais été « vêtu comme l’un d'eux. Regardez les oiseaux « du ciel, ils ne sèment ni ne récoltent: :1ls

« n’amassent pas dans les greniers, et votre Père

« céleste les nourrit. »

EL Jésus ajoute : «Si Dieu habille ainsi cette « fleur des champs qui est aujourd’hui et que, « demain, l’on jette au feu, que ne fera-t-il pas « pour vous, à hommes de peu de foi... Pas un « passereau n'est en oubli devant Dieu, et vous « valez plus que beaucoup de passereaux; » c'està-dire : si Dieu s’occupe du monde matériel, s’il en maintient l'harmonie, s'il en règle les mouvements, et s'il le dirige vers une vie de plus en plus développée, à plus forle raison doit-il s'occuper des créatures raisonnables?

Dieu gouverne l'humanité.

Pour les Païens, il y avait au ciel, au sommet des choses, sur le piédestal le plus élevé, une idole voilée, exerçant son empire partout, dans l'Olympe aussi bien que sur la terre, sur les dieux autant que sur les hommes. Cette idole, c'était le Destin, le

Falum; dieu aveugle ct sourd, tyran invincible

et inflexible, fantôme inexorable et implacable, qui Jetait à tort et à travers les coups de foudre de son intervention, déroutant les calculs de l'intelligence, écrasant les résistances de la liberté, bousculant

LE y DIEU PR OVIDENCE

le stupide silence de la terreur, le Ciel et la Terre. … Cetteterribledivinitécutlongtemps des croyants. 5 sages cherchèrent bien à restreindre son empire et à prouver que la fatalité ne pouvait pas | être le dernier mot des événements terrestres ; . mais, troublés par les désordres et les catastrophes - du monde physique, par les iniquités et les hontes . du monde moral, ils ne parvinrent pas à résoudre l'énigme du gouvernement du monde, et leur opti- . misme resta sans échos. Vers la fin du paganisme,

faisaient un suprème effort pour sauver au moins la liberté humaine. Tout en voyant dans le monde un enchainement inflexible de causes et

Pc de fer despotiquement fermé par la main de la Nécessité, ils dressèrent en face de ce dieu

sanctuaire où la liberté était blottie et abritée. prévenir les coups de la fatalité, mais elle pouquelque chose.

cette idole qui occupait la place de la Providence. Le Destin n'est plus. La Nécessité aveugle à perdu

Les nes ÉLoRnane les dieux, et courbant, dans

au moment où Jésus allait apparaître, les stoïciens

d ‘effets, tout en voyant dans l’ordre naturel un

3 È . a terrible, au fond de l’âme humaine, un humble Cette liberté ne pouvait certes point détourner ou vait maudire le destin ou s'y résigner. C'était

En venant au monde, Jésus a chassé du ciel

son empire. Tout, d'après l'Evangile, absolument

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