‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 52 sur 120 · Platon, République, X · texte numérisé non relu

Platon, République, X

inadvertances ou aux distractions qui pouvaient changer le sens de la prière! Malheur aux hommes ou aux bôtes qui troublaient le grand acte religieux! Pour ne rien voir de ce qui se passait à côté, et pour nerienentendredes bruitsextérieurs, les Romains avaient l'habitude, en priant, de se couvrir la tête et de boucher leurs oreilles. Aussi les magistrats chargés de remplir un devoir de religion au nom de leurs concitoyens s'entouraient de toutessortes de précautions. Ilimportait que cette prière publique fût parfaitement conforme à toutes les règles de la liturgie. Un lecteur devait d'abord lire la formule dans un rituel; puis un prètre devait suivre rigoureusement tous lesmotsau fur et à mesure qu'ils étaient prononcés; un autre prêtre devait imposer silence aux assistants; et, enfin, un musicien devait jouer de la flûtecommeaccom- | pagnement de la prière, afin qu’on n’entendit pas Ë d'autres paroles que celles du magistrat. Si par malheur un son ou un mot de mauvais présage avait été entendu; siune fausse prononciationavail | était commise, on était sûr qu'il se présenterait | dans les entrailles des victimes une monstruosité | ou un présage de calamilé publique. 4

Certains auteurs latins nous donnent des détails curieux sur Les mœurs religieuses de leur temps. ne raconte que les dévots chantaient le matin

à l’adresse de leurs dieux, et pour les éveiller, des

prières accompagnées de sons de flûtes. Le soir, - une cérémonie analogue avait lieu pour prendre congé du dieu et lui souhaiter une bonne nuit. On

LE VRR

priait au commencement du repas, on priait à la fin du premier service. Au moment où la deuxième table chargée de mets était apportée, on mettait de côté une portion de nourriture consacrée à la divinité: el au milieu du silence solennel des convives, on la Jetait au feu. Sur quoi, le serviteur, élevant la. voix, s’écriait : Que les dieux soient propices! à ; Les Romains avaient à réciter une telle quantité : de prières, etils en répétaient si souvent les à formules que toute leur journée était absorbée par k . des invocations. [ls s’imaginaient compromettre à le succès d’une entreprise, s'ils ne répétaient trois 1 fois, et, en certains cas, neuf fois, une formule 1 po prières déterminée. César lui-même ne montait sur son char qu'après avoir récilé à trois reprises différentes une certaine invocation. Du temps de Pline, cette coutume était encore très répandue dans les cités romaines. Les temples étaient assidument fréquentés. Quand on se présentait devant - l'autel de la divinité à laquelle on voulait adresser - sa prière, il fallait toucher de la main l’image ou [a statue sacrée : c'était le moyen le plus sûr . d’attendrir le dieu. On regardait aussi comme par- . ticulièrement efficace de baiser les pieds des

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