‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 54 sur 120 · AP PRIDRE PP UT LITE A · texte numérisé non relu

AP PRIDRE PP UT LITE A

trats y prenaient part. On inscrivait le vœu ononcé sur des tablettes et on suspendait ces tablettes aux murs et aux colonnes du temple. Vers la fin de la République, l'émission d'un vœu public en faveur du chef de l'Etat devint une institution régulière et annuelle. Pompée et sur- tout César bénéficièrent de cette nouvelle coutume. . L'objet de ces vœux était tantôt la promesse d'un j sacrifice, tantôt la promesse de jeux publies ou de libations, ou d’une couronne d’or, ou de nudipé- dalies ou de lectisternies.

Re Qu'était-ce que les lectisternies? Les lectisternies

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étaient des cérémonies assez étranges. Telle outelle divinité était invitée à prendre part à un banquet. L'image du Dieu ou les images des dieux, assises

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ou debout sur des coussins, se groupaient autour dela table et présidaient souvent pendant plusieurs jours aux repas qui étaient servis. Dans plusieurs | temples, les lectisternies avaient lieu d’une manière permanente, et occupaient chaque jour de l’année. Une fois par an, à l'occasion des jeux plébéiens, on offrait au Capitole un grand repas à Jupiter, Junon et Minerve ne manquaient pas d’être invitées. Le maître des dieux prenait place : sur un divan, les deux déesses sur de simples chaises. Les Romains, par ces religieuses poli tesses, espéraient obtenir les faveurs du ciel ou

conjurer les menaces du destin.

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Un des vœux les plus originaux qu'émettaient les Romains, était le Ver sacrum ou le printemps sacré. Par ce vœu on abandonnaït à Jupiter tout le bétail né du 1” mars au 1° avril. Chez les Samnites et les Sabins, le vœu s’étendait même à la génération humaine, avec une nuance cependant. On ne tuait pas les garçons et les filles, comme on tuait les animaux; mais, dès que les garçons atteignaient l’âge viril, et les filles l’âge nubile, on leur jetait un voile sur la tête et ces victimes humaines, condamnées à un exil précoce, devaient franchir la frontière et s’en aller au loin fonder une colonie. Dans la deuxième guerre punique, à la suite de la défaite et de la mort du général plébéien Flaminius, sur les bords du lac de Trasimène,

un Ver sacrum fut voué à Jupiter et fidèlement

exécuté.

Chose étrange : Le noble Sénat romain tenait compte de ces superstitions. Du moment que la religion nationale consacrail ces préjugés et ces illusions, la grande assemblée s'inclinait. Jamais elle n'aurait osé toucher ni aux vieilles formules de prières, ni aux usages consacrés par le temps et par d'anciennes traditions.

Qu’a fait el qu'a dit Jésus au sujet de la prière? Il à répudié Iles formalités mesquines dont s’entourait la prière paienne; il a aboli tous ces

de LA LOI DE LA PRIÈRE

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sacrifices impétraloires qui n'avaient pas de sens.

“et pas de valeur; et, après avoir fait cela, il a maintenu et exalté la loi de la prière. Dans l'Evan-

» gile, il nous recommande de prier, il nous en

donne même l'exemple, et il pousse la condescendance j jusqu à révéler une formule de prière que Lou le monde civilisé sait actuellement par cœur. Qu’ est-ce que cela veut dire? La loi de la prière est donc fondée en raison? Examinons-le.

La prière est une élévation de notre âme vers

Dieu pour lui exposer nos besoins et lui demander

son secours.

La prière est donc une opération de l'âme, et à 2 ?

# litre elle est déjà quelque chose de grand. Pour prier, il ne suffit pas de fléchir le genou, de lever les bras au ciel, d'ouvrir la bouche et de ï urmurer une formule !. Non, la prière est avant tout un acte spirituel ; et, lorsque nous prions, c'est notre âme qui se met en branle et qui agit. Et que fait- elle? Elle s'élève. Nous pouvons, en effet, agir par l'âme, et cependant nous abaisser. Notre âme est naturellement disposée à monter comme la flamme, à planer comme l'aigle; mais, grâce à

‘Cr L'Evangile proteste contre les abus de la prière extérieure, Pose votre prière, dit-il, ne multipliez pas les mots, comme ù. paiens ; ils croient que la multitude des mots les fera exaucer (Saint Matth., vir, 1.)

notre liberté, nous l’obligeons ere à replier ses ailes et à se trainer dans la poussière, elle qui. est faite pour les sommets et pour le ciel. Quand nous prions, notre âme monte, et elle monte plus ; haut que le monde des créatures; elle va jusqu’à ; Dieu. Pourquoi done? Pour lui exposer nos besoins. C'est là, dans les besoins de l'homme, que gît le fondement de la prière; c'est là qu'est sa raison. d'être et sa légitimité. à Nous avons des besoins, besoins matériels, intel-. lectuels et moraux. 4

Il nous faut apaiser notre faim, désaltérer notre. soif, couvrir notre nudité, avoir du pain, de l’eau, des vêtements, et nous travaillons pour nous procurer tous ces biens. Nous travaillons également pour prévenir les maux qui pourraient fondre sur : nous. Nous avons une vie à sauvegarder, des | forces à conserver, une santé à maintenir, eti nous évitons ce qui pourrait compromettre cette | santé, ces forces et cette vie. De plus, nous avons : à dompter la matière, à discipliner les forces brutales de la nature extérieure, à nous servir de. l'eau, du feu, de la vapeur, de l’électrité; nous. avons, en un mot, à réaliser la grande parole que le Créateur a prononcée sur nous, à dominer la création matérielle!. Voilà nos besoins physiques.

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