Saint Matth, vin
en doute, d’après Jésus-Christ. Dieu est souverainement riche et souverainement donnant. Il pos- sède tous les trésors, il a la plénitude des richesses, la plénitude de la force, la plénitude de la vie, la plénitude de la sagesse, la plénitude de la sainteté, et qui l’empêchera d'ouvrir tous ces trésors pour les verser sur l'humanité. S'il faut à l’homme les biens matériels, Dieu à qui la terre et les cieux appartiennent, pourra les lui donner. S'il faut à l’homme les biens intellectuels, Dieu, en qui sont les trésors de vérité et d’intelligence, pourra les lui donner. S'il faut à l’homme les biens moraux, le Dieu trois fois saint pourra les lui donner. La Divinité est un abiîime de richesses, l’abime. est entr'ouvert. Que l’homme se mette à genoux avec ses misères, son impuissance, son néant, quil frappe du son magique de sa prière les oreilles de Dieu, comme autrefois Moïse frappa le rocher de la verge, et Dieu laissera échapper les flots de ses trésors. L'homme a beau être pauvre, Dieu l’enrichira ; l'homme a beau être vil, Dieu l’ennoblira. Abyssus abyssum invocat. L’abime de la pauvreté se met à genoux devant l’abîme de la richesse, l’abime de la faiblesse à genoux devant l’abîime de la puissance. Ces deux abîimes se rencontrent, et l’un comble l’autre.
La puissance de Dieu est formidable autant que sa richesse est infinie; pour exaucer l’homme, il
der la terre Po la faire NE nous dit la Bi ible; il n’a qu’à toucher les montagnes pour les Bliire en fumée. Ces images cherchent à nous L nner une idée de la force divine; mais la raison n'a pas besoin de ces images pour comprendre qu'en Dieu la volonté possède un développement nfini, etque pour lui, vouloir c’est faire. La force Doro qui lance les astres sur les chemins de l’espace, la force d'attraction qui enchaîne les globes les uns aux autres, ne sont qu’un Pas reflet de la force de Dieu. Dieu est force motrice, Dieu est force créatrice, Dieu est maître absolu de hommes et des choses, des substances et des phénomènes, des événements terrestres et des événements célestes. Il peut tout accorder à l’homme
ï Mais non, dit le rationalisme moderne, Dieu ne peut pas exaucer l’homme qui prie, parce qu'ilne peut pas interrompre le cours des lois immuables,
à l'aide desquelles il gouverne le monde. Supposer que nos prières exercent une influence sur Dieu, c’est supposer que le plan de l'univers n’est pas stable, que les résolutions de Dieu sont changeantes, qu’il répond à nos supplications par à des combinaisons nouvelles; en un mot, c'est
4 Qui respicil lerram el facil eam lremere, qui langil montes el fumigant (Ps. 103).
faire tomber Dieu avec nous dans le tempst.
Il est facile de répondre à l'objection du rationalisme moderne que la prière a sa place dans le plan du monde, comme le travail physique et le travail intellectuel. Sans lasueur du paysan, le blé ne germerait pas dans le sillon; sans l'étude des savants, la science ne réaliscrait pas ses merveilleuses découvertes; sans la prière des hommes, {es événements ne prendraient pas telle direction déterminée. Pourquoi Dieu, qui prévoyait l’évolution de toute chose, n’aurait-il pas subordonné l’éelosion de tel ou tel événement à telle ou telle supplication humaine? Pourquoi Dieu qui coordonne tout, n'aurait-1l point placé la raison d'être de l’ordre matériel dans l’accomplissementde l’ordremoral, et pourquoi n’aurait-1lpas soumisla matière à l'esprit? La prière dans le plan divin est la condition voulue des phénomènes terrestres, et cela n'empêche pas le plan de l'univers d'être stable, et les résolutions de Dieu d’être inébranlables et le monde d'être gouverné par des lois générales. En établissant les lois du monde, la Providence a prévu nos actes libres, et elle a organisé les choses enconséquence. Nos prières peuvent donc exercer une influence réelle sur les phénomènes matériels de la création aussi bien que sur les phénomènes moraux. Nous ne prions pas, dit saint Thomas d'Aquin, cher-