‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 66 sur 120 · Divina potestas est sua bonitas · texte numérisé non relu

Divina potestas est sua bonitas

Cette bonté suprême est sympathie à notre égard. « Si vous qui êtes mauvais, nous dit Jésus. € dans un texte que nous avons déjà cité, vous: « savez donner à vos enfants des choses bonnes, € combien plus votre Père céleste! » Nous sommes | l'ouvrage des mains divines. C’est Dieu qui nous

a créés, corps et esprits, âme et matière, fange et souffle divin. Si nous sommes imparfaits et beso-. gneux, si nos forces ne sont pas à la hauteur de. nos besoins, si nous avonsdesmisères si profondes | et des aspirations si hautes, c’est Dieu qui l’a voulu. Il s’est réservé le soin d'intervenir dans notre vie, à condition que nous rendions hommage à Sa puissance et à sa bonté.

Pratiquons donc le devoir de la prière. Ne mettons pas de bornes à notre confiance, puisqu'il n y a pas de bornes dans nos besoins , puisqu'il n'y a pas de bornes dans la bonté de Dieu. Sans doute nous n'obtiendrons pas {out ce que nous demanderons. Dieu ne nous exauce pas toujours dans le sens de nos désirs, sachant mieux que nous ce qui nous convient; mais la prière que nous aurons Jetée dans la Hibice des événements providentiels pesera toujours de son poids et nous vau- … dra des bénédictions spéciales. Je n'aime pas ces … ümorés qui veulent restreindre le champ de nos demandes ; laissons-nous aller aux inspirations de notre cœur. L'école stoïcienne voulait qu’on de-

HA LOI DE sé PRIÈRE

mandat aux dieux les biens du corps et non les biens de l’âme ; un pailosophe contemporain veut, au contraire, que nous demandions les biens de l'âme, non ceux du corps!. L'Évangile n'est-il pas plus large et plus humain, en nous autorisant à tout demander? [Il faut demander absolument,

dit saint Thoincvs. les choses qui sont bonnes au point de ne pouvoir èlie mauvaises pour per-

sonne; quant aux caoses qui peuvent être mauvaises (comme les honncurs, les richesses et autres bien temporels), il ne faut pas les demander absolument, mais sous condition d’enfaire un bonet salutaire usage?. Dans la sublime prière que le Maître nous a enseignée, nous voyons que Jésus demande à Dieu d’abord l'accomplissement de la volonté divine, puis les biens temporels, puis les biens spirituels. Cela nous révèle que nous pouvons et que nous devons tout demander : Dieu choisira. L' essentiel c’est que, nous demandions avec foi.

É. Jules Simon, Religion nalurelle, p. 334. ;

2. « Illa quæ ita bona sunt ut nemini mala esse possint, absolute; illa vero bona quæ etiam mala esse possunt (ut honores, divitiæ, et similia temporalia bona), non omnino absolute, sed À bonum salutaremque usum. » (Saint Thomas., Sum. Theol., + CLIN ARE

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