L'EXPIATION
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RP Te EAN DALOI.DE
nance, une note fausse jetée dans le concert des | choses ; les Juifs, mieux inspirés, virent dans le - péché une souillure morale. Ils se rendirent compte des ravages opérés dans l'âme humaine par le vice, et affirmèrent que le mal obscurcissait les lumières de notre raison et enchaïinait les énergies de notre volonté. Les Juifs se rendirent compte également, grâce à la Révélation, des atteintes portées par le mal aux divers attributs de Dieuet -comprirent que le péché était un attentat contre la souveraineté de Dieu, un outrage contre sa “bonté et une révolte contre sa sagesse. Sous ce
premier rapport, le judaïsme fut incomparablement supérieur au paganisme. Mais comment les Juifs cherchèrent-ils à expier?
. [ci, les coutumes juives semblent se rapprocher des coutumes païennes; et certains procédés d’expiation, usités dans la Grèce et à Rome reparaissent à Jérusalem. Sans doute l'horrible superstition des sacrifices humains est sévèrement proscrile dans la loi mosaïque; mais les ablutions, mais les sacrifices d'animaux y sont en grand honneur. Une des plus grandes solennités juives s'appelait la fète de l'Expiation. C'était le jour ‘consacré à effacer les péchés du peuple. Ce jour-là, le grand-prêtre, représentant la nation repentante, revêtu d’une blanche tunique de lin, franchissait le seuil réservé du Saint des Saints pour lapremière et
unique fois dans l’année. Il égorgeait un taureau : pour ses propres péchés, un bouc pour les péchés »
du peuple, et faisait sept fois l’aspersion du sang de la victime contre le voile du sanctuaire. Puis, étendant la main sur un bouc vivant, il le chargeait de l’iniquité de tous; et l'animal, transporté aux portes du désert, était mis en liberté. Alors le peuple juif était purifié et Dieu était apaisé.
Ce sacrifice solennel n’empêchait pas une foule de sacrifices particuliers qui avaient lieu dans le
courant de l’année. Des taureaux. des béliers. des ë 3 9
boucs étaient amenés dans le temple, et celui qui »
avait péché devait immoler lui-même la victime. Le prêtre recevait le sang dans une coupe, y trempait son doigt, arrosait les quatre coins de
l'autel, et aspergeait le coupable, qui dès lors était |
purifié.
Le sang des animaux coulait soir et matin dans S
le temple de Jérusalem : Jehovah se l'était ré-. servé. « Gardez-vous de manger le sang des ani- …
€ maux, avait-il dit à son peuple, car leur sang |
« est leur vie; vous ne devez pas manger avec
« leur chair ce qui est leur vie, mais vous ré-
« pandrez ce sang sur la terre, comme de l’eau!. » Et ailleurs : « La vie de la chair est dans le
« sang, c'est pourquoi je vous l’ai donné afin qu'il - ©? |
1, Deutéronome, xx 23, 24:
« purifiée!. »
Cependant la supériorité du judaïsme sur le paganisme est éclatante. Dans la croyance juive, les rites extérieurs sont importants sans doute, puisqu ils sont obligatoires; mais, par eux-mêmes, etisolés du sentiment js ils ne sont rien et ne peuvent rien. L'Israélite ne croit pas, comme le païen, que l'homme coupable puisse apaiser Dieu par l'oblation d’un sacrifice, sans aucun sen-
donne aux cérémonies du culte le sens moral que les païens avaient perdu de vue, et les prophètes viennent à chaque instant réveiller dans la conscience d'Israël le remords des fautes commises et le désir du bien. Isaïe, Jérémie, Amos, David élevèrent la voix à ce su Jet avec une autre conviction et une autre éloquence que les sages de l’antiquité paienne. Vous avez entendu Isaïe faisant
« plus de vos holocaustes... Ne m'offrez plus de « sacrifices... Soyez purs, faites disparaitre vos Do pensées, cessez de faire le mal et « apprenez à faire le bien... »
. C'est dans ce sens que ns les plus nobles
pi: Lévitique, x1u, 11.
à timent de regret, de confusion, de résipiscence. Il.
dire à Jehovah; le Dieu des Juifs : « Je ne veux
€ soit He sur |’ DL pour l’expiation de vos « péchés, car c’est par le sang que l'âme sera
représentants de la pensée israélite; et cela suffit
pour nous prouver que le judaïsme a beaucoup mieux compris que le paganisme le grand devoir de L’expiation. Mais le dernier mot n'était pas dit.
Il fallait mettre fin à toutes ces tueries d'animaux, :
à tous ces rites externes que ne vivifiait pas suffisamment l'esprit religieux.
Le Christ l’a fait.
Il a aboli les ablutions du paganisme et du ju-
daïsme; il a proscrit les sacrifices d'hommes et de
bôtes: car ces ablutions ne lavaient rien et les sacrifices n'expiaient rien.
Un jour, les Pharisiens s’approchèrent de lui et ;
lui dirent : « Pourquoi tes disciples violent-ils la
« tradition des anciens, et ne lavent-ils point leurs .
« mains avant le repas? Jésus leur répondit : « Vos « traditionsontdétruitles commandementsde Dieu. « Hypocrites! C'est de vous qu'isaïe a dit : Ge
« peuple m'honore des lèvres et son cœur est loin . « de moi. Les meurtres, les adultères, les forni- : « cations, les larcins, les faux témoignages, les. « blasphèmes, souillent l'homme. Mais un homme.
« n’est point souillé pour manger sans avoir lavé « ses mains!.»