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Souffrir, c'est lutter; et, pour faire quelque chose | ici-bas, pour obtenir un résultat quelconque, même un résultat matériel, il faut lutter : lutter contre sa propre paresse et son propre découragement, lutter contre les concurrences et les jalousies, contre le travail et l’honnôteté des rivaux; il faut donc se vaincre soi-même et vaincre les autres. Or, s'il faut souffrir pour obtenir un résultat matériel, à plus forte raison faudra-t-il souffrir pour reconquérir la vertu et monter à Dieu. En se promenant sur le radeau qui porte sa destinée, chacun de nous devrait dire ce que le poète disait à la mer : L'’Océan peut gronder : il faudra qu’il me porte! Inutile de continuer le voyage de la vie, inutile surtout de se proposer l’Infini comme but, si l'on n'est prêt non seulement à ne pas se laisser briser par les flots, mais à se faire un marchepied des vagues, et des auxiliaires des vents qui mugissent. Les Esquimaux ne construisent-ils pas leurs huttes avec les blocs de glace qui ont voulu les écraser? Les riverains des volcans ne fécondent-ils pas leurs champs avec les laves qui ont voulu les engloutir?... Faisons-nous donc, à l'exemple de Jésus, faisons-nous de nos douleurs des instruments de combat et de gloire.
Non seulement nous expierons nos fautes personnelles en unissant nos souffrances aux soufrances de Jésus, mais encore nous expierons les
tes de l'humanité? La douleur qui a revêtu tant prérogatives merveilleuses depuis le christia-
| me, la douleur est devenue rédemptrice. « Je upplée à ce qui manque aux douleurs du hrist», a dit saint Paul!, et tous les chrétiens vent en dire autant. Nous sommes des rédemp-
rs. Au nom de la solidarité humaine, au nom notre fraternité avec Jésus, nous avons la mision d'expier, outre nos fautes individuelles, les tes du genre humain. Notre sang, nos larmes artiennent à la grande famille humaine, et and la terre, desséchée ou refroidie par trop d'égoisme, a besoin d'un peu de sang ou de elques larmes pour être humectée ou réchauffée,
peu importe que ce soient nos larmes ou celles de nos amis qui soient réclamées par la Providence > Dieu. Nous devons toujours être prêts pour le rifice. Est-ce que Jésus, écrasé par son agonie, finit point par dire : «Que votre volonté soit
e et non la mienne. » Si notre sang est néces-
re à la grandeur et au progrès de l'humanité, inons notre sang ; si la vérité a besoin, pour re son chemin, de passer à travers notre cœur, que notre cœur se déchire, a dit un poète allemand. En souffrant, nous participons à la Rédemption du monde, nous contribuons à détruire
à Ex Adimpleo quæ desunt passionum Christi. » (Saint Paul aux Coloss., 1.24.)
lPempire du mal, à agrandir le royaume de Dieu 1. Cela nous explique comment il s’est trouvé den
âmes chrétiennes capables de rechercher la dou leur. La souffrance a eu ses amants. Jésus a su Jui donner tant de beautés, la parer de tant d’attraits que des âmes enivrées ont couru après | le martyre, et ont aspiré à verser leur sang. Elles ont préféré les sanglots de la douleur aux éclats de rire du plaisir, les déchirements du martyre aux tressaillements de la volupté, la couronne d'épines aux couronnes de rose, parce qu ‘elles savaient qu'une Ee et une goutte de sang offertes à Dieu, comptent plus dans la balance où se pèsent les destinées de l'humanité que les
découvertes de la science et Les conquêtes de la gloire.
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