CHAPITRE VII
Au-dessus des lois d’adoration, de prière et d’expiation, il y a la loi de l’amour : loi absolument nouvelle que les religions anciennes n'ont point pratiquée, et qu’elles n'ont même pas connue. Il est facile de comprendre, — et les paiens l'ont compris, — que nous devons à Dieu l'adoration. En présence de l'Étre suprème qui possède toutes les perfections, qui à fait sortir du néant toutes les créatures, nous ne pouvons em-
âme. Nous reconnaissons et l'incomparable grandeur et la souveraineté auguste de la Divinité,
prendre la loi de la prière et la loi de l’expia-
profonds de notre nature humaine et sur l'impos- sibilité où nous sommes par nous-mèmes de salisfaire ces multiples besoins; la loi de l’expiation,
de l’homme, et dans les violations trop fréquentes de la loi naturelle dont Dieu est l'auteur. Mais estil possible d'accorder à Dieu ce sentiment plus
pêcher le frisson sacré du respect d’envahir notre
et nous adorons. Il est facile également de com-
tion : la loi de la prière qui se base sur les besoins
qui a sa raison d'être dans les défaillances morales
rc ENS + pet |
doux et plus profond qu’on appelle l'amour?
Je vous ai donné un commandement nouveau, .
nous dit Jésus ; un commandement qui les dépasse: et qui les résume tous. Ce commandement, c’est.
celui-ci : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de. tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos |
forces. Est-il possible que Dieu réclame de.
l’homme un pareil devoir? Est-il possible que.
l’homme pousse son audace jusqu'à aimer Dieu?
Est-il vrai qu'aimer Dieu, c’est le suprême devoir :
religieux ?
Examinons de près la valeur et le sens de cette ” loi pour comprendre la portée de la révélation évangélique et la supériorité de la religion chré- :
tienne sur la religion païenne.
La vie du cœur tient dans l’homme la première
place. Elle est le principe, le centre et le terme de toute notre activité.
Sans doute nous vivons de la vie des sens. Nous
nourrissons notre corps, nous rassasions notre faim,
nous apaisons notre soif, nous luttons contre les
dangers et contre les ennemis qui assaillent notre | existence matérielle. Et notre existence matérielle *
dévore une partie de nos forces et de notre temps, non seulement Far ses exigences les plus naturelles et les plus légitimes, mais encore parce que nous aimons à lui faire une large part. Il nous