‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 77 sur 120 · Diliges Dominum Deum tuum · texte numérisé non relu

Diliges Dominum Deum tuum

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Pheuve des joies, le fleuve des larmes. Lequel des n. | deux y verse des eaux plus abondantes et y "4 séjourne plus longtemps? Nous l’apprenons bien vite. Notre cœur s'ouvre à la vie avec de radieux espoirs. Il n'est attaché d’abord qu'à l'idéal invi- . sible qu'il a entrevu dans ses rêves. Fasciné par #04 d’éblouissantes apparitions, il ne demande pas | mieux que de livrer ses premières fleurs etsespremiers parfums. Alors qu'arrive-t-il? Nous cherchons autour de nous une créature qui réponde à nos rêves, et sur laquelle nous puissions répandre le trésor de notre amour. Nous nous imaginons bientôtl avoir rencontrée. Une créature se présente, et, sans prendre la peine de la connaître à fond, nous jetons sur elle toute la surabondance d’une première affection. D'abord tout est riant. Le ciel et la terre nous prodiguent des présages heureux et semblent encourager nos espoirs. Dans notre 4 naïf abandon, nous parons l'être aimé des plus LL attributs, nous lui dressons un autel, nous l’entourons d'un culte idolâtre, nous couvrons ses faiblesses d'un voile religieux, et nous nous met tons à ses pieds. Hélas! l'illusion ne tarde pas àse issiper. Bientôt les vêtements divins dont nous avions paré notre idole tombent, et la créature £ apparait dans toute sa laideur et dans tout son ‘4 néant. Nous nous apercevons que nous avons

d onné notre cœur à un objet indigne; le dégoût

succède à l'enthousiasme, et si le dégoût ne vient pas paralyser l'élan de notre affection, d'autres causes ne manqueront pas. Nous nous heurterons à l'indifférence. à la trahison, à l'oubli, à des misères de tout genre quinous crieront de ne pas nous attacher aux créatures.

Les créatures sont limitées dans leur excellence et notre cœur veut un être parfait; les créatures sont limitées dans leur durée, et notre cœur veut un ôtre éternel. Nous aimons les richesses, les plaisirs, la gloire; nous aimons nos pères, nos mères, nos frères, nos sœurs, nos amis; nous aimons les fleurs, les oiseaux, les étoiles. Hélas!

tout cela s’en va. Les étoiles tombent, les oiseaux …

s’envolent, les fleurs se fanent, les richesses nous sont ravies par les revers de fortune, les plaisirs

portent avec eux le poison caché du désenchante-.

ment, la gloire nous est disputée par la jalousie et. par le temps, l'époux est séparé de son épouse,

la mère est séparée de son enfant, le père est

séparé de sa fille, l'ami est séparé de son ami; .

outre l'abandon, l'oubli, la trahison; la mort, plus impitoyable encore, vient à chaque instant interposer sa hideuse figure entre nous et l’objet aimé,

et, au bout de quelque temps ou de quelques … années, notre cœur est comme un arbre entouré | de feuilles mortes !. Tristes voyageurs, nous nous …

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