‹ La civilisation païenne et la religionChapitre 84 sur 120 · Aristote, Polilique, vu · texte numérisé non relu

Aristote, Polilique, vu

2. Saint Augustin, Cité de Dieu, liv. VII, chap. xxr. 3. Aristophane, Comédie des Acharniens, acte I:

LE CULTE EN GÉNÉRAL 215

se plaint d'une chose, c'est du luxe trop grand quon y déployaitt, Il y avait au moins quatre fêtes de ce genre, chaque année, chez les Romains: la fête de Bacchus, la fète de la bonne Déesse, la fête de Ia Déesse des fleurs, la fête d'Anna Perenna. Aux fêtes des Jeux floraux, célébrées vers la fin d'août, des courtisanes absolument nues se promenaient la nuit, à la lueur des flambeaux, Ovide, à qui l’on reprochait des vers trop licencieux, raconte ce fait et s’abrite derrière lui. Si des licences pareilles restaient impunies, disait-il, pourquoi punissait-on en lui quelques poésies trop libres®? Le même Ovide raconte que les jeunes filles chantaient des chants impudiques aux fètes d'Anna Perenna, et il cherche à excuser la chose dans un passage de ses Fastes?. Aux fêtes des Aphrodisies, la prostitution était autorisée, sinon commandée par la religion et les lois. Ces fêtes de la volupté duraient trois jours et trois nuits, et elles étaient entremèlées de banquets, de danses, de spectacles, où la débauche était triomphante etcouronnée. Non seulementle Sénat et les magistrats romains, non seulement les collèges sacerdotaux mais encore les vestales, les mères de fa-

1. Plutarque, Œuvres morales, t. 11, Amour des Richesses, vers la fin.

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