Saint Jean, x1v
2, Saint Paul, I, A Cort, 16.
N—lé:
deurs. Le sanctuaire resta désert, le sang des
. sacrifices se perdit dans le sable, le feu sacré s’en
alla en fumée, et les prêtres tendirent vainement
leurs bras pour forcer Dieu à descendre. Le Parthénon, le Panthéon, vides de Dieu, se dressaient sous le ciel, comme une supplication. C'étaient des
demeures attendant leurs maîtres! C’étaient des
berceaux attendant l'enfant qui devait naître ! Que
. dis-je? L’étable de Bethléhem, avecses murs déla- | brés et son sol couvert de paille, attrait plus
violemment les générosités de Dieu, parce que, dans cette pauvre étable, il y avait des cœurs humains largement ouverts pour le recevoir.
O hommes insensés! Ne matérialisez pas l'idée
: de Dieu! N'allez pas croire avec les Juifs que Dieu . doit être adoré sur la montagne de Sion et pas
- ailleurs; n'allez pas croire avec les païens que
Dieu tienne aux murailles de pierre, plutôt qu'aux consciences humaines. Elargissez les murs du
temple de Jérusalem et voyez Dieu partout où il
. cst; élargissez les portes de votre cœur, et recevez . Dieu là où il désire être reçu. Adorez Dieu en tous . lieux, adorez-le surtout dans vos âmes, car Dieu - est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent,
l'adorent en esprit.
Les temples païens eurent un autre grand
. défaut. Ils servirent trop souvent à la corruption
des mœurs et à l’'abaissement des âmes.
À Athènes, on avait érigé un temple en l’'honneur de Vénus Courtisane. Détail curieux, ce temple avait été bâti par le législateur Solon, si estimé des Athéniens, et, — autre détail curieux. — ce temple avait été bâti avec l’argent que des matrones de la ville avaient gagné par la prostitution. À Athènes, on avait également bâti un temple en l'honneur de Cotytto, divinité de la Thrace, dont le culte, assez semblable à celui de la Cybèle phrygienne, était accompagné d'atffreuses débauches. Les prêtres spécialement attachés à ce culte, et nommés Baptes, parce qu'ils se
leurs mystères, avaient une triste réputation de lasciveté. Juvénal en parle dans ses satires !. A Corinthe, s'élevait le fameux temple de Vénus, desservi par un millier de courtisanes, aussi célèbres par leur corruption que par leur amour de l’argent. Elles donnèrent lieu à ce proverbe, fameux dans tout le monde grec : il n’est pas
permis à tout le monde d'aller à Corinthe. — A
Rome, il y eut aussi un temple de Vénus, et c'est
aux pieds de ce temple que se trouvait le marché
où l’on vendait des garçons et des filles, destinés 4
à la prostitution. Le marché se tenait parfois