‹ La civilisation pharaoniqueChapitre 10 sur 44 · HÉRODOTE, II, CXXIX-CXXXIII · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, II, CXXIX-CXXXIII

faisait sans vergogne. Non seulement Khéops était un roi pieux, qui, loin de fermer les temples, les réparait, mais encore, la construction même de la grande pyramide prouve l'importance attachée par lui à l'observance des prescriptions du culte des morts. Une stèle, érigée par sa fille, la princesse Hent-Sen, nous le montre édifiant et restaurant les sanctuaires mempfaites. « Le Vivant, THorus, celui qui anéantit Fimpie, le Roi du Midi et du Nord, Khoufou, a relevé le temple d'Isis, rectrice de la pyramide, située près du temple du Spliynx, au nord-ouest du temple d'Osiris, le maître de Rosat. Il a bâti sa pyramide, là où est le temple de cette déesse. Il a bâti la pyramide de sa fille, la princesse Hent-sen, là où est ce temple. Le vivant, THorus, roi du midi et du nord, Khoufou, qui donne la vie, a fait ceci à sa mère Isis, la divine mère, qui est THathor, Dame des Eaux d'en Haut. Inscrivant sa donation sur une stèle, il a renouvelé son offrande; il a reconstruit son sanctuaire; il y a placé les images des dieux (1) » . Suit la liste de ces dieux, Horus, Isis, Nephthys, Phtah, Sekfaet, Thot et Hapi. Horus et Thot étaient de bois doré; Nephthys et Sekhet de bronze. Seule Isis avait une statue d'argent. D'autres textes nous disent encore que le Pharaon reconstruisit le temple d'Hathor, à Denderah, et remit en honneur le culte d'Hor-m-Khout, le disque sur l'horizon, l'Horus au matin, symbolisé parle sphinx.

En ce qui touche la construction de la grande pyra-

(1) E. DE IXovGÈ, Monuments divers; Maspiro, Histoire des peuples de rOrient.

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mide, nous savons que Khéops eut à combattre souvent les nomades du Sinaï, qu'attiraient les richesses minières mises en exploitation par Snéfrou ; et il entrait trop dans les coutumes orientales d'employer les prisonniers de guerre aux travaux en cours, pour que le Pharaon manquât à l'observance de cette tradition. S'en suit-il que les Égyptiens n'aient point contribué à l'érection de la demeure de leur maître? Non certes! Mais le travail par corvée était également d'usage immémorial en Egypte, et le paysan s'y pliait sans murmurer. Si le peuple en garda le souvenir, c'est uniquement qu'il considéra la construction du caveau de son maître comme le témoignage absolu de la grandeur du mythe funéraire. Et cette croyance était tellement vraie, qu'aujourd'hui encore, après soixante siècles écoulés, et les dévastations de toutes sortes, que le monument eut à subir, il nous initie aux principes du vieux dogme, autant et plus que les chapitres du Livre des Morts,

Cet enseignement, les tombes de Khoufou et de ses successeurs, Khaf-Ra (Khéfren) et Men-Ka-Ra (Henkerès), ne sont point seules à nous le donner. A l'entour des pyramides des souverains, tout un quartier de la nécropole memphite s'était pressé, où, comme pour suivre le maître dans l'au-delà, les fonctionnaires de la cour, les officiers du palais, les généraux, les ministres, les conseillers, les courtisans avaient tenu à reposer. Et les peintures de ces chapelles, les textes qui les accompagnent, nous ressuscitent leur personnalité lointaine, avec une précision telle, qu'il serait possible de reconstituer leur existence, au jour le jour.

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